La tentation du boniment
Magazine Hier n° 389 - Juillet-août 2000

TRESORS D'ARCHIVES:
Pour la bonne bouche, la même chose patron !, Par Françoise Burnaud

LIVRES :
Sélection complète (pour ne pas se tromper)
Liste d'achats groupés (pour faire des affaires)

Nouveau ! : Globe Writers
Feuilleter...Ils ont dit...Ils ont écrit (beaucoup)
Surfer... Où trouver les champignons ?

 

DOSSIER
La tentation du boniment

Le bonheur n'aurait-il jamais cessé d'être la plus importante, sinon la seule affaire des hommes, la seule recherche de toute philosophie, la seule ambition ? Peut-être pas à en croire Héraclite : si le bonheur résidait dans les sensations, nous proclamerions heureux les boeufs lorsqu'ils trouvent des glands. Toujours à l'horizon, qui, comme on le sait, est une ligne imaginaire qui recule au fur et à mesure qu'on avance, ou qu'on recule d'ailleurs. Ce pourquoi les utopies nous ont rendus si malheureux. Qu'est-ce qu'on était mieux avant ma bonne Dame. Pourtant, de ce bonheur sans cesse différé à crédit, notre époque est passée à une sorte d'obligation du bonheur. (Bon là je suis Brucknervi car j'ai pas envie de me fouler). Nous avons tout, donc nous devons être heureux, et si nous ne le sommes pas, c'est que nous avons mauvais esprit, une haine-de-soi, moins de 30 000 balles par mois (là, il n'y a rien à faire). Ou alors il y a une tension entre l'Avoir et l'Etre (mais je ne voudrais pas empiéter sur mes collègues de Psycho Mag'). Le bonheur est dans le pré, si facile à attraper, mais on n'a pas garder les cochons ensemble. Les cyniques de l'Antiquité nous le disaient : il est à portée de main, en présentant leurs bites. Faites l'amour en pleine agora et buvez de l'ouzo light ; (enfin attendez la Love parade pour plus de sécurité). Et les stoïciens rétorquaient : le seul bonheur possible est de se réduire, d'éviter les malheurs, de ne surtout rien exiger, de n'avoir besoin de rien, et d'écrire du Comte Sponville. Les économistes d'aujourd'hui, salariés des marchands, leur répondent : achetons, consommons, soyons, soyez heu-reux. Au xviiie siècle, les écrivains du bonheur le buvaient à longues gorgées dans les salons. Au xixe, les romantiques étaient si heureux d'être malheureux et d'avoir le choléra. Et nous dans tout cela, ne pourrions pas être heureux en lisant le magazine Hier sous tesmesta, je vous le demande ma bonne dame ?

SOMMAIRE DU DOSSIER

« Le droit au bonheur est devenu un devoir de revendication minimum imposé par l'esthablissement financier international et l'authentique gauche réaliste de marché », un entretien avec Pascal Brucknervi, propos recueillis par Robert Toutoui
Des idées reçues comme bonheur, par Pierre-Robert Leclervoyant et David Rababouin
La dianétique antique du bonheur, par Michel Onfrayunchemin
Pascal et Claudel : un couple chétien, par Louis Mormon
XVIIIe siècle : la belle affaire !, par Patrick Waldowski
Casanova : bonheurs de la vérole, par Alain Butine
Sade contre Rousseau et les tortues ninjas, par Alain Delon
Venise la bienheureuse : mon publi-reportage, par Frédéric Vitofraisducontribuable
De Kant à Nietzsche : le bonheur des philosophes, par Didier Raydmoncul
Stendhal : la chasse aux lapins, par Gérald Rannaud
Flaubert : le bonheur dans la bêtise, par Yvan Leclercobscur
Les orphelins du paradis n'ont pas de parents, par Max Miner
Oscar Wilde : entre bonheur et jouissance : le bridge, par Pascal Atuien
Gide : la poursuite du giron, par Bernard Devaille
Jacques Chardonne : du bonheur conjugal aux putes, par André Abay
Giono : le bonheur d'écrire les couilles dans l'herbe, par Pierre Manan
Bonheurs de lecture, par Toute l'équipe

(L'Intégrale du Dossier « La Pata, Histoire d'une société secrète : Normale sup' » dans le n° 389 du Magazine Hier -Juillet-août 2000)

 

 

Entretien

Limbes et passages dans ton fion
Une conversation entre J.-B. Pontifiant et Maurice Oleole

 

Gérard Maja

C 'est en amis, plutôt qu'en « collègues », que l'historien Maurice Oleole converse ici avec l'écrivain et psychanalyste J.-B. Pontifiant, non seulement parce qu'ils ne sont pas collègues mais surtout pour pouvoir le supporter, l'interrogeant sur son oeuvre, son rapport à la littérature. Passant d'un livre à l'autre, Oleole invite Pontifiant, contre cacheton, à dire l'importance qu'il accorde à l'écriture, à la langue, à la mémoire et à l'oubli, pour ensuite développer une symbolique du Blanco. Parlant de la psychanalyse, il s'interroge sur le « cadre » théorique de la fenêtre et dit sa méfiance à l'égard de « la tyrannie du concept » et de l'europe de Maastriche.
Grand amateur de littérature et de poésie, Pontifiant homme de culture et de goût (et abonné au Magazine Hier) opte pour l'ouverture des Fenêtres - son dernier livre, éd. Gallimard -, pour aérer une intelligence sensible toujours prise dans le mouvement, dans « le courant d'air » de la vie. En historien, Oleole l'interroge sur son parcours intellectuel, ses filiations spirituelles, et le travaille à la gégène pour avoir son code de CB. Parlant de l'Incarnation et de la nécessité que le Verbe se vende Chair, Pontifiant se demande, avec humour, s'il n'est pas plus chrétien qu'il ne le croit et explique, avec fermeté, pourquoi il s'est éloigné de la « laponie », avant de se lancer à la fenêtre, une couronne d'épines sur la tête, dans une imitation de JP II.

Lire l'intégrale de « Limbes et passages dans ton fion », conversation entre J.-Pontifiant et Maurice Oleole dans Magazine Hier n° 389 - juillet/août 2000

 

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