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Lire
un livre est difficile
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très. Il faut lever son gros cul du
canapé, aller jusqu'à la
table, se saisir d'un machin en papier
sale, et l'ouvrir en acceptant de lire une
page après l'autre, de haut en bas
et de gauche à droite ... C'est une
ascèse ; celle de l'homme qui se
veut lecteur et qui lit, qui se projette
en lecture, qui veut savoir si Malko va
enfin s'enfiler cette salope de Monika, la
kosovare perverse de Pristina,
prétendumment controleur principal
adjoint par interim à l'usine de
culasses de tracteur de Vonosograd. Mais
ça, je saurais jamais (pour Monika)
parce que moi, les livres ça me
gave sévère ...
Quand je
lis un livre, je me rend directement
à la fin où je
découvre avec un ravissement jamais
démenti le numero ISBN. Cela me
reconforte, me rassure, me fait penser
à ces vacances de Novembre 56
où il pleuvait comme vache qui
pisse, t'en souviens tu, Barbara ? Sauf
que tu ne t'appelais pas Barbara, mais
Raymond. Comme dans le "Voyage"
si Goofy
s'était appelé Raymond.
C'est cela aussi la littérature ;
revenir sur les plages crayeuses du
passé pour pouvoir
redécouvrir avec enchantement les
regards attendris des passagers de
l'omnibus Dunkerque-Sarreguemines. Comme
dans "A la recherche ..."
et
l'archétypique scène de la
diligence ...
Bref, comme me le disait le commandant
Bourichon en allant aux toilettes avant le
repas : "Est-ce bien raisonnable de
commencer par la fin ?"
C'est vrai que le lecteur quand il apprend
dès le départ que
l'héroïne s'est finalement
faite baiser et qu'elle n'est pas la fille
secrète du cardinal de Richelieu
comme tendait à le prouver la
marque de naissance en forme de lapin nain
sur le menton, eh bien, il est assez
déçu. D'un autre coté
il a gagné du temps, même si
la lecture de 52 pages écrit gros
avec des fautes de français et
d'orthographe n'est pas si difficile que
cela ... Alors, evidemment, le lecteur, il
est pas très content d'avoir
payé pour du papier de
qualité très médiocre
et va voir le libraire (ou le
club du
livre du mois mais pas trop
compliqué quand
même). Et ce
dernier lui répond, bien evidemment
; "Mais putaing cong (car ce jovial
intermédiaire de la culture est
d'origine toulousaine), le livre,
té cono des couilles du pape de
Rome, Eh bé, il faut le lire depuis
LE DE-BUT, fan de chichourle de bordel de
pute borgne vérolée, cong".
Et le lecteur reste penaud, et pour tout
dire, con comme une moule oubliée
dans sa bourriche.
Bon, ça été dur
d'admettre que je m'y prenais mal, et ce
fut encore pire lorsque le commandant me
révéla que le numéro
ISBN avait fort peu de chance de me donner
les bons numeros du loto ... Alors,
evidemment, j'aurais pu me mettre à
les lire, ces putains de livres de merde,
mais pas folle la guêpe ! Bernard
était un fidèle client, et
quand l'autre tocard a quitté son
canard pour faire la plonge et la
plomberie au "Debat", il a tout de suite
pensé à moi pour faire du
délayage en première page.
J'ai vraiment été
touchée, d'autant que certains de
mes habitués avaient virés
tantouzes SM et que j'avais un peu de mal
à payer les traites de ma ronce de
noyer carrosée Clio.
Bon,
c'est pas tout ça, mais j'ai une
petite affaire à faire tourner, moi
... Bisous à tous.
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