10 août 2000


Mais de quoi peut-on bien parler ?

par Pamela Zimboum


Juillet 2000

 

Lire un livre est difficile .. très. Il faut lever son gros cul du canapé, aller jusqu'à la table, se saisir d'un machin en papier sale, et l'ouvrir en acceptant de lire une page après l'autre, de haut en bas et de gauche à droite ... C'est une ascèse ; celle de l'homme qui se veut lecteur et qui lit, qui se projette en lecture, qui veut savoir si Malko va enfin s'enfiler cette salope de Monika, la kosovare perverse de Pristina, prétendumment controleur principal adjoint par interim à l'usine de culasses de tracteur de Vonosograd. Mais ça, je saurais jamais (pour Monika) parce que moi, les livres ça me gave sévère ...

Quand je lis un livre, je me rend directement à la fin où je découvre avec un ravissement jamais démenti le numero ISBN. Cela me reconforte, me rassure, me fait penser à ces vacances de Novembre 56 où il pleuvait comme vache qui pisse, t'en souviens tu, Barbara ? Sauf que tu ne t'appelais pas Barbara, mais Raymond. Comme dans le "Voyage" si Goofy s'était appelé Raymond. C'est cela aussi la littérature ; revenir sur les plages crayeuses du passé pour pouvoir redécouvrir avec enchantement les regards attendris des passagers de l'omnibus Dunkerque-Sarreguemines. Comme dans "A la recherche ..." et l'archétypique scène de la diligence ...
Bref, comme me le disait le commandant Bourichon en allant aux toilettes avant le repas : "Est-ce bien raisonnable de commencer par la fin ?"

C'est vrai que le lecteur quand il apprend dès le départ que l'héroïne s'est finalement faite baiser et qu'elle n'est pas la fille secrète du cardinal de Richelieu comme tendait à le prouver la marque de naissance en forme de lapin nain sur le menton, eh bien, il est assez déçu. D'un autre coté il a gagné du temps, même si la lecture de 52 pages écrit gros avec des fautes de français et d'orthographe n'est pas si difficile que cela ... Alors, evidemment, le lecteur, il est pas très content d'avoir payé pour du papier de qualité très médiocre et va voir le libraire (ou le
club du livre du mois mais pas trop compliqué quand même). Et ce dernier lui répond, bien evidemment ; "Mais putaing cong (car ce jovial intermédiaire de la culture est d'origine toulousaine), le livre, té cono des couilles du pape de Rome, Eh bé, il faut le lire depuis LE DE-BUT, fan de chichourle de bordel de pute borgne vérolée, cong". Et le lecteur reste penaud, et pour tout dire, con comme une moule oubliée dans sa bourriche.

Bon, ça été dur d'admettre que je m'y prenais mal, et ce fut encore pire lorsque le commandant me révéla que le numéro ISBN avait fort peu de chance de me donner les bons numeros du loto ... Alors, evidemment, j'aurais pu me mettre à les lire, ces putains de livres de merde, mais pas folle la guêpe ! Bernard était un fidèle client, et quand l'autre tocard a quitté son canard pour faire la plonge et la plomberie au "Debat", il a tout de suite pensé à moi pour faire du délayage en première page. J'ai vraiment été touchée, d'autant que certains de mes habitués avaient virés tantouzes SM et que j'avais un peu de mal à payer les traites de ma ronce de noyer carrosée Clio.

Bon, c'est pas tout ça, mais j'ai une petite affaire à faire tourner, moi ... Bisous à tous.

 

 

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