# Pourquoi Estelle a raison
(ou comment palper 40 plaques)
Par Leconseiller
Rappelons le fait dans son importance : un site hébergé par Altern a proposé quelques clichés d'un model à poil.
On sait depuis l’affaire Lewinsky que la sexualité n’a strictement rien à voir avec le business juridique (grâce aux lumineuses explications de JF Kahn et de toute la Presse ). Il ne s’agit pas non plus des bonnes moeurs ; de toute façon aujourd’hui les homosexuels peuvent se marier et les commerçants négocier avec la Chine.
Non, ce n’est pas la pudibonderie de l’Ordre Moral ou même la qualité des clichés qui est en question (et puis l’Art est mort), il y a atteinte à la vie privée (ou quelque chose d’approchant).
Un éditorialiste en chef remarquerait ici qu’en France, la législation sur la protection de la vie privée est la plus restrictive du monde, avec cette pointe de regret comme pour l’archaïsme et le corporatisme de la fonction publique. Ce qui lui permet, en partie, de s’arrêter au tropisme. Automatisme qui tombe relativement bien car il a d’autres papiers à pondre.
Voilà qui est significatif, dirons-nous, car cette réticence devant la protection sociale qui handicape les énergies créatrices innovantes de notre beau pays, est le symptôme du cas présent. (En plus, si nous argumentons contre l’idéologie néo-libérale, notre texte passera mieux...)
On sait depuis l’affaire Diana dans la Benz-Benz on-the-tunnel d’une part qu’il ne faut pas boire au volant et d’autre part que les paparazzi sont méchants, (mais moins que les FIAT blanches). A y réfléchir, les responsables ne sont pas coupables, et finalement le public est responsable et coupable. Mais si ! Celui qui a le pouvoir (politique ou médiatique) est forcément excellent et ne peut commettre de faute (même quand il ne sait rien) ; en France, du moins. Mais nous nous éloignons de l’affaire du jour.
Connard d’internaute éveillé, imagine un instant que tu sois Estelle. Est-ce Voici-Voilà qui publie les photos ? Non bien sûr, bougre d’idiot ! (de toute façon, la publication est rentable ou négociée comme pour d’autres...) Peux-tu attaquer le surfeur d’argent ? Non plus, et puis tu aimes trop Moebius. L’hébergeur est-il un gros requin de la COM avec armées d’avocats et participations dans tes activités d’image ? Nein, mein Herr. Alors fonce ! Un hébergeur gratuit, sans PUB, mon dieu quelle hérésie !
D’accord, le site n’est plus consultable au moment du jugement. D’accord, il est impossible que l’ami Valentin exerce seul une politique éditoriale sur plus de 40000 sites et toutes les créations instantanées plus ou moins durables. D’accord on peut trouver des Go de photos sur des sites étrangers. Mais est-ce une raison pour renoncer à un gros paquet de fric ?
Et puis, entre nous, tu ne trouves pas que cette liberté économique est intolérable ? Des « gens » (pouah !) qui utilisent le Réseau et qui n’ont rien à vendre. Toi tu as du te battre, te forger une image, c’est ton capital. Ton corps est ton gagne-pain. Alors, puisque tu n’as rien à craindre et tout à gagner, pourquoi hésiter ?
D’ailleurs mon bon, tu vas te faire plein d’amis. Tes semblables d’abord qui pourront utiliser la jurisprudence immodérée : on peut faire des calendriers pour routiers ou des albums de lingeries MAIS PAS GRATUITEMENT. Et puis tes employeurs.
Le principe de responsabilité est la solvabilité, ne l’oublions pas. Indépendance financière et liberté d’expression pour le public ? Mais qu’est-ce qu’on va faire de nos Networks ! Du E-business d’accord ou à la rigueur un site bénévole sur des logos publicitaires (Grosgrouik and Co.), mais on avait dit que le ton libertaire des débuts était juste une caution.
Tu sais bien qu'il faut sécuriser le Réseau. Imagine qu'un sale Pirate informe toute l'Entreprise des disparités de salaires. Brrr, ça fait peur, non ?
Ce jour là, la dame aveugle s’en balance et utilise le glaive. Ah, ce n’était pas un tribunal de Commerce ? Quelqu’un a noté le numéro ?