# Consommation : Adieu Veaux, vaches, cochons, poulets, oeufs, fromages, eaux, etc ?
(De l'art du bourrage de mou)
Par Leprofessionnel
Cher lecteur, tu croyais les bonnes vieilles recettes de propagande 14/18 épuisées ? Il n'en est rien.
Démonstration avec cet article du Nouvel Obs' :
Comment manger sans crainte ?
Même si les spécialistes s’accordent pour constater que l’alimentation est aujourd’hui incomparablement plus saine qu’elle l’a jamais été, même s’ils précisent que l’affaire de la dioxine n’aura sur l’homme aucune conséquence sanitaire mesurable, il y a bien un énorme scandale derrière la contamination des poulets belges.
Okay les kids, cette histoire de contamination craint à max ! Mais on va pas se prendre la tête ! D'ailleurs on va même commencer par renverser la situation : 1) notre alimentation est très saine ; la preuve = les spécialistes s'accordent là dessus (si c'est pas une preuve ça, je veux bien manger mon poids de merde) 2) Y-a des mecs qu'ont fait une boulette, mais on va pas en faire un fromage. En fait, d'après moi, les gens sont des veaux qui paniquent sans raison puisque 1) avant c'était vachement pire et maintenant c'est super-sain 2) il n'y a pas de conséquence sanitaire mesurable. Et le mesurable, c'est le scientifique, non ? Ah....les études épidémiologiques s'effectuent sur de longues périodes et demandent des budgets importants ? Oui d'accord, mais premierement ce ne sont pas eux nos annonceurs, et puis, c'est des poulets "belges" ! Ouh ouh ! C'est une histoire belge . Oh la maRrade...
Accidentelle, cette pollution n’en est pas moins trop massive pour ne pas poser une fois de plus la question de la composition de l’alimentation pour le bétail. Est-il normal de nourrir des herbivores avec des farines fabriquées à partir de cadavres d’animaux ? Est-il inévitable de trouver de l’huile de vidange dans les graisses destinées à nourrir des volailles ? Non, évidemment. A moins de se résigner à la course folle à la surproduction à des prix toujours plus bas. Fabien Gruhier analyse pour nous les vrais risques de cette nouvelle défaillance du contrôle alimentaire. Jean-Jacques Chiquelin et Michel de Pracontal expliquent pourquoi des bovins meurent encore de la vache folle en dépit des mesures prises et posent la question : l’agroalimentaire pourra-t-il continuer longtemps dans cette voie ?
Bon les gars, cette affaire n'est pas un symptôme, un exemple des travers de la production, c'est un accident. Oui, un peu comme une fuite dans une centrale nucléaire (merci pour la comparaison M. Cogema ), c'est une défaillance du contrôle, Errare humanum est (merci les pages roses). Mais attention, je vais remettre en cause (au moins verbalement) la vilaine production capitaliste productiviste. Regardez, je pose la question : est-ce que c'est normal que des herbivores soient carnivores et même nécrophages, et fassent la vidange de ma caisse ? Et je n'ai pas peur de répondre : Non évidemment. Les renversements de l'ordre naturel sont mauvais, c'est sûr. Au fait qui encourage légalement et financièrement la surproduction ? Ce n'est pas la bonne question ! Le responsable c'est la ménagère de moins de cinquante ans qui veut des prix bas. Ils font chier ces pauvres ! Ils peuvent manger de la soupe et du pain comme avant. Quelle idée ce régime carné pour les ruminants ! Mais je m'égare, on a une brochette de spécialistes es probas qui vont analyser pour nous.
Si l'on veut bien exclure l'alcool (l'« aliment toxique » par excellence), la mortalité liée à « la consommation d'aliments toxiques ou contaminés » est, en France, « inférieure à 2 pour 1 000 du taux de mortalité générale ». On a ainsi une « chance » sur 100 000 de succomber à une infection intestinale. Quant aux décès liés à l'ingestion accidentelle d'aliments nocifs ou de plantes vénéneuses, ainsi qu'à la listériose, leur taux rampe, presque indiscernable, tout en bas des courbes, vers 0,1 « chance », toujours sur 100 000. De plus, au fil des années, tous ces chiffres évoluent à la baisse. On observe bien une légère augmentation de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (passée en vingt ans de 0,10 à 0,15 décès sur 100 000). Mais, dit un spécialiste de l'Inserm, « ceci s'explique sans doute par l'intérêt récent porté à l'identification de cette cause de décès : la structure d'âge de la mortalité reste stable, ce qui n'est pas en faveur d'une explication étiologique infectieuse ».
Bon prenez note les enfants, si on retire les aliments toxiques courants, eh bien on a un taux de mortalité dérisoire. Si d'aventure, vous déjeunez dans un restaurant collectivité (ou la cantoche), vous ne mourrez pas de la listériose puisque vous pouvez vous faire soigner. Si vous vous amusez à mâchouiller des plantes vénéneuses, vous appelez le centre anti-poisons (sauf si vous avez confondu, comme un con d'instit, un plant de ciguë et des carottes sauvages). D'accord il y a une confusion sur le risque d'infection et le risque de décès, mais c'est tout ce que j'ai trouvé. D'un autre côté, il est vrai qu'on note une augmentation pour Creutzfeldt-Jakob , mais savez vous pourquoi ? A cause de la vache folle ? Perdu c'est parce qu'on identifie la maladie, c'est tout. C'est comme pour le cancer. Avant les gens mourraient et on savait pas qu'ils mourraient du cancer ; maintenant on le sait et personne n'a l'idée de déterminer les causes de cette maladie en étudiant le tabagisme par exemple. Alors penser chercher des causes ! Il faut vraiment être non spécialiste pour être aussi crétin.
Ainsi les statistiques officielles sont-elles au beau fixe et se comparent très avantageusement, par exemple, aux chiffres américains - aux Etats-Unis, les décès consécutifs à des intoxications alimentaires seraient... 400 fois plus fréquents que chez nous. Le professeur Marian Apfelbaum - coordinateur d'un récent (et magistral) ouvrage collectif intitulé : « Risques et peurs alimentaires » (1) - affirme : « L'alimentation est aujourd'hui incomparablement plus saine qu'elle l'a jamais été. D'ailleurs, notre espérance de vie augmente régulièrement (d'un trimestre chaque année), ce qui se concevrait difficilement si notre nourriture était de plus en plus dangereuse... »
Moi je vous le dis : tout baigne ! En plus, les ricains c'est vraiment des connards et chez eux c'est beaucoup plus pire que chez nous. D'ailleurs le professeur Pommier nous le dit : « La sexualité est aujourd'hui incomparablement plus saine qu'elle l'a jamais été. D'ailleurs, notre espérance de vie augmente régulièrement (d'un trimestre chaque année), ce qui se concevrait difficilement si notre sexualité était de plus en plus dangereuse... »
Et puis patatras ! Voici que déboulent les poulets belges, gavés de farines animales (du genre de celles qui ont causé la maladie de la vache folle), des poulets cette fois truffés de dioxine. Or, c'est clair, ces farines - destinées à fournir à bas prix aux animaux d'élevage, vaches, cochons, poulets, lapins et même poissons, les protéines dont ils ont besoin - sont vraiment peu ragoûtantes. Fabriquées à partir d'un affreux cocktail de cadavres, elles incluent parfois des chiens, des chats, des rats et tous les animaux écrasés sur les routes. La France, il faut le savoir, est de loin le premier utilisateur de ces très suspectes poudres de protéines (444 000 tonnes par an, selon l'Eura, l'Association européenne des Equarrisseurs), l'Allemagne en étant le premier producteur (600 000 tonnes).
Et puis zut alors, v'la ti pas que les belges nous emmerdent avec une nouvelle recette aux truffes ! Alors que nous, on a jamais de problème tout en étant les premiers utilisateurs. Et c'est clair, les animaux morts c'est caca-beurk ! Oui mais qui c'est qui les produit ces saloperies de merde pour gastronomes monstrueux ? Je vous le donne en mille : ces putains de boches ! Alors évidemment, faut pas s'étonner que ces imbéciles de belges qui savent pas cuisiner utilisent de la merde de Teutonie, et tout ça après y'a des couilles dans le pâté.
Depuis leur mise en cause dans la maladie de la vache folle, alias ESB, ces farines sont dénoncées par tout le monde. La Commission européenne a songé à les interdire complètement, a organisé des colloques scientifiques et lancé des consultations à ce sujet. Mais devant la puissance des lobbies concernés, elle semble y avoir renoncé.
La Commission européenne, eux c'est pas des tapettes. Ils ont pensé à interdire les produits toxiques, mais c'était trop méchant. Alors, ils ont dit : on va faire des colloques et puis lancer des consultations car ils sont démocrates. Alors les lobbies des producteurs, ils ont dit que c'était pas vrai et que les gens étaient cons (enfin c'est ce qu'on m'a dit de dire). Puisque la Commission, elle a quand même bon fond, elle a dit bon okay on gère la merde courante en noyant le poisson. Faut pas toujours taper sur l'Europe quand même !
Se bornant, avec les Etats membres, à en réglementer l'emploi. Par exemple, il est en principe interdit de donner en pâture aux bovins... de la poudre de bovin. Il est interdit d'incorporer à ces farines des cadavres suspects (animaux malades ou d'origine douteuse). Il est obligatoire de réserver telle ou telle farine à telle catégorie d'animaux. Et, dans tous les cas, de leur faire subir, au moment de la fabrication, un traitement stérilisant (chauffage à 133 0C sous une pression de 3 bars pendant 20 minutes).
D'ailleurs dans une grande mansuétude et un sens des réalités économiques, on a décidé de faire des réglements. Par exemple, produisez de la merde, mais de la merde pasteurisée à 3 bars. Je crois qu'il faudrait essayer cette méthode pour les déchets nucléaires...Ah on le fait déjà avec un joli packaging en verre ?
Mais dans la pratique, ces règlements sont très inégalement appliqués, se heurtent à des législations nationales disparates et souffrent de l'absence de contrôles réels. Bref, le problème de ces saloperies de farines reste entier. Leur origine, leurs répugnantes matières premières, leur mode de production, leur diffusion relèvent de la logique floue. Seule certitude : elles enrichissent des gens qui se moquent éperdument de la santé publique... et sont bien placés pour savoir qu'il convient de ne manger que des poulets à label, nourris avec autre chose.
Le problème bien sûr, est onto-théologique, ou du moins dans l'application de la théorie de la vérité de Tarski sur l'axiome de Gödel. Enfin c'est flou, quoi. En plus, il y a une opposition Théorie / Pratique. Des supers règlements, mais une application merdeuse (c'est là où ça merde). Enfin ce qui est certain, c'est qu'il y en a qui font du pognon, et la santé publique, ils s'en branlent ; et oui ma bonne dame. Et avec tout ce fric, ils s'achètent en plus des bons produits les salauds !
Pourtant ces douteuses farines n'ont rien à voir avec la teneur en dioxine des poulets belges et de quelques autres animaux. Car une farine protéinée ne contient pas de lipides. Et la dioxine (comme on va le voir, il vaudrait mieux écrire les dioxines) n'est soluble que dans les graisses - dont les animaux d'élevage ont tout autant besoin que de protéines. Les graisses (ou lipides), éventuellement polluées par la dioxine, ne sont mélangées à la farine de protéines qu'au dernier moment, celui des repas. La dioxine ne vient donc pas des farines. Elle vient des graisses.
Bon, j'en ai parlé à ma diététicienne, et elle m'a dit : écoute connard (nous sommes très intimes) tu sais pas ce qu'est une protéine, et les lipides c'est pas des glucides, alors me pète pas les couilles. De retour chez moi, je me suis dit qu'il fallait que je parle quand même des farines animales (ou des OGM) dans mon papier. Et j'ai trouvé un truc : la contamination à la dioxine elle vient des graisses et pas des farines puisque dans les farines, y'a pas de lipides. Valable, non ?
Et dans l'affaire qui mobilise actuellement les autorités sanitaires européennes il semble bien que la source de dioxine ait été localisée : il s'agit d'une entreprise néerlandaise (dont on s'est, jusqu'ici, abstenu de publier le nom), qui a livré « des dizaines de tonnes de lipides » à des fabricants d'aliments pour animaux. Neuf fabricants belges, un français et un hollandais. On a donc le droit d'espérer qu'il s'agit d'un accident, ponctuel, d'origine bien identifiée et non pas d'une pollution chronique, habituelle, régulière.
De là, je me suis dit : donc, puisque les lipides sont dans le coup, et bien, il n'est pas interdit de penser que la contamination est quelque chose d'exceptionnel, de vachement rare, voire quasiment impossible. Et puis je ne me suis pas demandé pourquoi on ne publiait pas le nom de l'Entreprise.
Sur le site internet qu'il a ouvert pour l'occasion (2), le gouvernement belge parle d'« une contamination unique, provenant d'une seule entreprise, laquelle fait l'objet d'une enquête judiciaire », et que donc une telle contamination « ne pourrait plus avoir lieu ». N'empêche, cette contamination « unique » a aussi été, de l'aveu officiel, « massive » - bien qu'aucun chiffre n'ait été communiqué non plus sur la teneur en dioxine de la graisse néerlandaise initiale. On n'est pas davantage renseigné sur la nature de cette dioxine-là - alors que la famille chimique des dioxines comporte pas moins de 220 molécules distinctes, et très inégalement cancérogènes.
N'empêche que cette dioxine-là, avec son air sournois, on connait pas son pédigree. Alors je me suis dit, un peu comme plus haut, il n'est pas interdit de penser que dans la famille des dioxines, si ça s'trouve, on a pioché la gentille qu'est pas cancérigène.
Mais cette pollution, même accidentelle et ponctuelle, même d'ampleur et de nature non précisées, est donc « massive », et le docteur Jean-Marie Bourre (Inserm et hôpital Fernand-Widal à Paris) s'indigne : « C'est scandaleux, inadmissible ! On marche sur la tête ! Comment a-t-on pu en arriver là ? D'où vient cette dioxine ? Ce sont des pathologies constatées dans les élevages de poulets qui ont donné l'alerte. Cela signifie que les poulets en question ont avalé vraiment beaucoup de dioxine. »
Bon, cette contamination déjà, c'est une pollution. Ensuite si elle est massive, elle est d'abord accidentelle et ponctuelle (un peu comme les pics de pollution à Paris). Et puis, on peut s'indigner : putains les gars vous exagérez ! Non seulement vous fourguez de la merde, mais en plus en quantité industrielle ! Vous pourriez être plus discrets quand même !
Il s'agit en effet d'un poison aux effets à très long terme, à moins justement d'en absorber des doses gigantesques.
C'est pourquoi on peut être tranquille sur les risques dans vingt ou trente ans.
Par conséquent, selon Jean-Marie Bourre, l'accident ne peut pas s'expliquer par une source environnementale, forcément diffuse et modérée, de dioxine - genre fumées d'usine ou d'incinérateur. Il faut donc supposer que les très mauvaises graisses à l'origine de l'accident ont été carrément « coupées » avec une huile très riche en dioxines - genre vieille huile de vidange. Qui aurait été, par fraude délibérée, incorporée au produit final - singulier recyclage écologique, qui consisterait à faire bouffer aux poulets et à d'autres animaux des huiles minérales usagées. Ou alors il faudrait invoquer une fuite de citerne, donc, pour le moins, une coupable négligence : que faisait cette citerne de vieilles huiles de vidange au voisinage immédiat d'aliments destinés au bétail ?
Alors cher lecteur, qui c'est le coupable ? Pas les industriels puisque les fumées d'usines sont forcément diffuses et modérées. Le colonel Moutarde avec le chandelier dans le garage ? Euh non les fraudeurs c'est au cinéma. Et si c'était une citerne qu'on saurait pas qui l'aurait mise là, et que, par exemple à cause de la rouille, y'aurait une fuite, et que les écoulements à cause du relief, ils se seraient mélangés en douce avec la bonne nourriture des poulets ?
Les dioxines ? « Depuis l'origine du monde, il y en a partout », dit Marian Apfelbaum. Elles « existent de toute éternité, sont inévitablement produites par toute combustion de substances organiques et se retrouvent dans les tissus adipeux de toute créature vivante ». Il s'en forme dans les incendies de forêts comme dans les raffineries de pétrole. On les respire autour des feux de camp comme aux alentours des usines d'incinération d'ordures ménagères.
La radioactivité ? Depuis l'origine du monde, il y en a partout, nous dit le docteur Pommier. Et qu'est-ce que le soleil sinon une grosse boule de réactions thermo-nucléaires en chaîne ? Et le soleil, on le voit quand il fait jour, dans le nord, mais mieux quand on habite sur la côte d'Azur. Tout le monde n'a pas la chance d'habiter à côté d'une décharge ou d'un incinérateur dont les fumées cachent le soleil.
A cet égard, les barbecues ne sont guère plus innocents que les pots d'échappement - se méfier en particulier des saucisses grillées au coin des rues, souvent dans des flammes nues ! Le taux global des émissions de dioxines (donc aussi la teneur moyenne des graisses animales, hormis contamination accidentelle) constitue ainsi une sorte d'indicateur du niveau d'industrialisation : il augmente dans les pays en phase de développement, mais a désormais tendance à diminuer dans les pays très développés, grâce aux précautions qui sont normalement prises dans la filtration des fumées nocives.
D'ailleurs, les putains de marchands ambulants, que vous trouvez si sympathiques le vendredi soir pour les galettes-saucisses ou à la fête de l'Huma pour les merguez, et bien eux, ils vous en filent des dioxines ! Et des méchantes, velues, toutes noires. De toute façon, ne vous inquiétez pas, les dioxines c'est un truc de pauvre du Tiers-monde.
Mais ces dioxines, que l'on sait partout présentes dans les graisses animales, les nôtres comprises, à des taux variables, sont très sournoises, car leur détection et leur dosage posent beaucoup de problèmes : il s'agit d'une analyse coûteuse (autour de 5 000 francs), longue (au moins dix jours) et que très peu de laboratoires sont en mesure d'effectuer (pas plus de deux en France). On ne saurait donc la multiplier en routine sur toutes les denrées animales que nous absorbons. Or, dans la mesure où elles sont cancérogènes, elles constituent, dit Jean-Marie Bourre, « une sorte de petite bombe à retardement que chacun porte dans ses tissus adipeux, sans savoir si elle risque d'exploser ».
Résumons nous les dioxines : il y en a partout. En plus les analyser coûte un max ! On va donc pas faire des tests sur tout ce qu'on mange, t'es con ou quoi toi ? Dans la mesure où elles sont mauvaises, et bien, elles peuvent faire du mal mais on sait pas quand, un peu comme une bombe, qui peut être très bien (type mine anti-personnel), mais on sait pas quand elle pète.
Dans quelle mesure sont-elles cancérogènes ? Une étude épidémiologique américaine toute récente (3) vient d'apporter à cette question une réponse relativement rassurante : l'incidence à long terme des cancers a été mesurée sur une population de 5 132 anciens travailleurs de l'industrie chimique exposés à des concentrations élevées. Cette incidence s'établit à 1,6 fois le niveau de la population générale, mais chez ces travailleurs le taux sanguin de dioxines était en moyenne 250 fois supérieur à la norme habituellement observée. Ainsi, en multipliant l'exposition aux dioxines d'un énorme facteur 250, on n'arrive pas encore à doubler la fréquence du cancer. De l'avis à peu près unanime des spécialistes, il paraît assuré que l'« affaire de la dioxine belge » (d'origine néerlandaise) n'aura sur l'homme aucune conséquence sanitaire mesurable, même à long terme. D'autant moins que la contamination initiale a probablement été très diluée, au fil des transformations agroalimentaires.
Je vous l'avais dit depuis le début : la dioxine des poulets belges n'aura aucune conséquence sanitaire à long terme. D'ailleurs j'ai sous le coude une étude américaine qui le dit bien (même si les ricains sont par ailleurs des cons). On se demande dans ces conditions pourquoi l'interdiction des produits et pourquoi les peurs irrationnelles ? Ah oui, j'oubliais : les gens sont cons.
Bien sûr, ce n'est pas une raison pour tolérer de pareils accidents, inexcusables. Car les dioxines, inévitables à faibles doses, n'ont rien à faire dans nos assiettes. « Il ne faut surtout pas relâcher la surveillance », dit Marian Apfelbaum, même si ce spécialiste considère qu'« une consommation de dioxines à haute dose reste sans danger, du moment qu'elle est occasionnelle ».
Le docteur Pommier confirme : faut faire gaffe quand même. Mais pas vous, nous les spécialistes qui surveillont parce qu'on sait qu'une très haute dose de produits toxiques de temps en temps ça fait pas de mal.
Jean-Marie Bourre, bien que scandalisé par l'affaire (« tout ça, évidemment, c'est de la cochonnerie »), insiste sur le fait que les niveaux officiellement considérés comme acceptables font l'objet de précautions extraordinaires : « Pour les dioxines, on a fait des expériences sur le rat - lequel est environ 10 000 fois plus sensible que nous à ces substances. Puis on a divisé par un facteur 100 pour définir des doses admissibles. On se retrouve donc avec une énorme marge de sécurité. »
D'ailleurs, même ceux qui crient le reconnaissent : y'd'la marge. C'est même énorme la marge qu'on a dans la sécurité. Pensez mon brave : le centième d'une dose d'une bestiole 10 000 fois plus sensible. On pourrait même manger des rats à la dioxine.
D'ailleurs, avec le recul, on sait aujourd'hui que la catastrophe écologique de Seveso - vaste pollution à la dioxine survenue en 1976, en Lombardie, à la suite de l'explosion d'une usine chimique - n'a causé aucun décès, malgré l'immense émotion suscitée à l'époque par cet accident.
Ce qui est bien avec le recul, c'est qu'on peut le prendre après. Donc vu que c'est bien, on peut le prendre avant puisque cette affaire suscite de l'émotion. En plus j'ai aussi une étude ritalo-amerloque qui montre que 0,004 % du taux de glucide par litre de vin Lombard est strictement indépendant de Tchernorbyl.
Il ne faut donc pas céder à la panique. Même en mettant les choses au pire, la dioxine, si elle tue, tue vraiment très peu.
Faut vraiment être décérébré pour paniquer ! Puisque même si la dioxine tue, elle tue peu. Il est beaucoup plus intelligent de se dire : ah ah ces cons d'belges.
Mais alors, pourquoi ces terreurs irraisonnées ? Marian Apfelbaum cite un autre exemple : celui des nitrates dans l'eau du robinet. Or « il est parfaitement démontré qu'une eau de boisson incomparablement plus riche en nitrates que la limite de potabilité légale resterait inoffensive pour la santé ». Pourtant on persiste à avoir peur des nitrates. De même, selon les sondages, une bonne moitié des consommateurs européens est d'avis que la nourriture est plus dangereuse aujourd'hui, ce qui constitue « une contrevérité évidente ».
Le docteur Pommier s'esclaffe : on peut dépasser la limite légale sans danger ! Tout chimiste vous le dira : les proportions ne rentrent pas en jeu, c'est pourquoi il ne sert à rien de quantifier et de calculer ces putains de moles ; on peut dire c'est très riche en nitrate. Et ces crétins de consommateurs adeptes des contrevérités évidentes ! Il y en a même qui disent que les distributeurs d'eau ont des participations médiatiques.
C'est que, constate le professeur Apfelbaum, « l'homme est génétiquement programmé pour avoir peur de sa nourriture ». Une caractéristique commune aux trois seules espèces omnivores - le porc, le rat, et... l'homme. Une caractéristique nécessaire à leur survie. Ainsi « les herbivores savent de toute éternité que l'herbe est bonne à manger, et qu'elle est seule à l'être ».
C'est pourquoi de toute éternité, ils peuvent manger des farines animales.
Tandis que les malheureux omnivores, capables de manger n'importe quoi, sont condamnés à se méfier de tout. D'où nos craintes, nos phobies, nos paniques, parfois irrationnelles : elles sont inscrites dans nos gènes.
Et oui c'est un ordre du monde qui est un peu mal fait. D'ailleurs certains ont proposé à cette fin une modification du génome humain.
Et les mêmes spécialistes, qui se veulent rassurants à chaque pépin agroalimentaire, nous incitent néanmoins à persévérer dans cette « néophobie » naturelle et salutaire - une extrême suspicion face à toute innovation. Stratégie qui nous a plutôt bien réussi jusqu'ici, puisque les omnivores humains n'ont jamais été aussi nombreux, ni non plus vécu aussi vieux.
Les spécialistes le savent bien, ils se montrent rassurants quand il y a un petit pépin et puisque la peur est génétique, ils nous encouragent car on fait tous un chouette boulot ; la preuve la population augmente et on vit plus vieux qu'avant. Je crois que finalement la quantité signifie la qualité et qu'on a tort de s'inquiéter inutilement puisque les spécialistes , les grands-groupes industriels , les politiques et les journalistes oeuvrent tous pour le bien de l'humanité .
(1) Odile Jacob.
(2) http://belgium.fgov.be
(3) Publiée le 5 mai dans le « Journal of the National Cancer Institute ».
Nouvel Observateur - N°1805
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Tu n'en crois pas tes yeux cher lecteur va sur le site officiel pour vérifier !