UN TÉMOIGNAGE EXCLUSIF SUR PROCRASTINATOR, Nicole Hyeux de Baussée par Linculte Procrastinator est appelé à une irréfragable postérité, parce qu’ignorant tout ce qu’il eût pu dire ou faire, il est d’autant plus nécessaire aux esprits les plus lumineux d’en débattre afin de rentabiliser de longues et hautes et parfois larges études dans un domaine aujourd’hui sans application : l’humain.
D’ailleurs nul ne s’y trompe, et un très abondant courrier, venu principalement de savants et de chercheurs du monde entier, me fait désormais un devoir de divulguer, à leur intention comme même à celle du vaste public que la mode du net non-marchand pourra conduire à une ascèse propice à l’élévation elle-même nécessaire pour entreprendre l’effort de se rendre capable d’une confrontation avec quelques bribes d’icelui, le fruit de mes recherches approfondies sur l’homme, son peu de vie, son absence d’oeuvre. En temps presque réel.
Mais avant tout, il m’incombe de livrer ici la matière intégrale d’un document sonore exceptionnel, reçu en MP3 (non filtré). L’auteur en est une femme, je devrais dire une Femme, Madame Nicole Hyeux de Baussée, témoin privilégié de première main de, onvadire, de La vie de Procrastinator. Voici ce document * :
Nicole, vous avez bien connu Procrastinator, vous étiez très proche de lui, on pourrait dire que vous avez été sa confidente, en quelque sorte, et même davantage ?
J’ai bien connu Procrastinator. J’étais très proche de lui. On pourrait dire que j’ai été en quelque sorte sa confidente, et même davantage.
Je remarque votre façon précise de répondre point par point. Vous êtes une scientifique, non ?
En fait, je suis une scientifique.
Je m’en doutais. Mais je devine en vous plus encore. Car pour être si proche de Procrastinator, il fallait surtout que vous fussiez ce qu’on pourrait appeler une femme de culture ?
Exactement. Votre perspicacité m’impressionne beaucoup, cependant permettez-moi de continuer. J’allais justement dire : « mais », car il y a un « mais ». Mais [donc, NDLR] je suis surtout ce qu’on pourrait appeler une femme de culture.
Et alors ?
Et alors, me direz-vous...
Non, je viens déjà de le dire. Puis vous commencez à être légèrement pénible avec ce comique de répétition ma chère Nicole. Le lecteur d'aujourd'hui est un homme moderne et pressé.
Ah ; excusez-moi, je n’avais pas fait attention. C’est l’émotion, sans doute.
L'émotion, l'émotion, les motions de censure oui si cela continue ! Nicole, ma petite Nicole, allons à l'essentiel : la Kulture alors, cétipabo ?...(Bon si on me cherche, je suis à la cafèt')...
Eh bien, pour moi la culture « Cela veut dire beaucoup » (France Gall). Car, si c’est le hasard qui m’a fait rencontrer Procrastinator, c’est la culture, je devrais dire la Culture, « qui fit que je ne m’en arrachai point » (Racine & Barbelivien). Car Procrastinator, c’était tous les arts en personne. La meilleure preuve en est que comme tous les arts, ils ne cessait de différer la mort que sa créativité même lui commandait.
Si je n’avais pris les choses en mains, il existerait encore, aussi vain qu’une installation de ce nouvel artiste (ah flûte, comment s’appelle-t-il, déjà ?), qui fait des entassements de cadavres de moutons. Mais ce ne sont peut-être pas des installations, c’est peut-être du Lamb-art ? J’attends avec impatience le prochain numéro de Carnet d’Art-Dress, afin que Catherine Metsly nous dise ce que l'on doit en penser par nous-mêmes.
Oui, tous les arts, dis-je, jusqu’au plus sublime, le journalisme, que l’Ecclesiaste nommait déjà « l’art ineffable d’entretenir de Ce qu’on ne connaît pas ceux qui n’en ont cure » (cf : www.ecclesiaste.fr). Quoi de plus sublime en effet (sublime est un mot faible, je dirais volontiers « top-bizz » si je ne me défiais de l’hyperbole et du peuple qui pue), que « l’art de parler de ce qu’on ignore à des gens qui s’en foutent » ? (La Bible, Avant-propos : De l’essence de la Presse, p.1, par le Curabbimam Ahmed Hyeux de Baussée).
Mais les grands Maîtres de la rhétorique nous enseignent depuis l’Antiquité dejà que sans une bonne accroche (captatio attentionis) rien ne peut être communiqué à quiconque. Et l’accroche efficace, la seule, c’est la publicité, bien sûr... Aurais-je lu cet article merveilleux de notre moderne Bossuet : « Y a-t-il des pédonazis hors du net »? dans Franckie si je n’avais eu l’oeil attiré par une publicité pour un vrai journal sérieux ? (Sérieux, cela veut naturellement dire avec une vraie mongolienne qui nous explique l’art dedans et même, je crois, un vrai ancien valet de pied de J-S Partre). Et c’est bien là que le bât blessait Procrastinator. Car il n’avait même pas un CAP de valet de pied, et rien à vendre. Ni même à louer.
* Un minimum de professionalisme m’a conduit, à l’instar de ce qui se fait dans les radios ou les télévisions n’employant que des journalistes vraiment professionnels maîtrisant tous les aspects techniques de la déontologie, à intercaler des questions dans le cours de ce qui, sinon, n’aurait été qu’un long et fastidieux monologue. Questions qui introduisent un peu de vie et offrent des respirations salutaires pour maintenir en éveil l’attention du lecteur. De plus, et il s’agit là d’un procédé radicalement nouveau, voici en EXCLUSIVITÉ la lecture stéréophonique (version bêta), que vous obtiendrez en penchant la tête à 90° vers la droite, et en gardant l’oeil gauche sur la question et le droit sur la réponse. On peut pencher de l’autre côté, il suffit alors d’inverser les yeux. Vous avez remarqué de presqu’imperceptibles différences ? Vous venez de percer le secret du relief).