# L'entrevue n°3
Lejournaliste : Un nom de domaine. Pourquoi ?
Lepetitmarquis : ne savez-vous donc pas faire correctement des phrases interrogatives ?
Lamuseur : Non laisse, je vais répondre...C’est le signe d’une évolution, la maturité quoi. Fini le petit web bricolé à la va-vite, à la maison, avec trois bouts de ficelles. Nous sommes pas tous des Mac Gyvers ! [rires] Et puis une coupe de footballeur allemand des années 80 n’est plus à la page. [rires] Maintenant on passe aux choses sérieuses, avec multi-testing, trames lissées et petites vignettes pour arrondir les angles. Et sans doute un horoscope aussi. C’est un scoop.
Lejournaliste : (Merci !) On ne peut que saluer cette professionnalisation. Comme si, finalement, avec l’âge on s’adoucissait, on comprend enfin qu’il faut, comme vous dites, « arrondir les angles » et pas seulement graphiquement...
Lamuseur : Oh ! Oui vous comprenez parfaitement ce que je veux dire, c’est dingue !
Lejournaliste : Bah vous êtes jeunes, c’est normal. On passe tous par là. Et puis avec le temps, on comprend mieux la réalité...du marché...et que Balladur aurait fait un excellent président...Excusez moi je m’égare. D’où vient ce changement alors ?
Lamuseur : Il faut dire qu’à Leuco-site, on a été bouleversé par la lecture de la somme de Wolton : Internet et après ? comme dit sa femme quand elle revient de faire les courses.
Lejournaliste : Vous vous foutez de moi ?
Lamuseur : Mais non ! Il a vraiment des éclairs de génie : « Si nos démocraties veulent rester fidèles à leur projet d’émancipation politique, elles doivent réglementer les nouveaux médias et éviter ainsi que la liberté de communication ne devienne synonyme de loi de la jungle ». C’est beau comme du Jospin.
Lejournaliste : Oui je l’ai lu aussi.
Lamuseur : Soyons précis pour les lecteurs, c’est tiré du quatrième de couverture. Mais je crois qu’ils avaient compris.
Lejournaliste : C’est marrant, vous avez vraiment changé. Il y a encore quelques mois, nous n’aurions jamais pu avoir une conversation adulte comme celle-ci, vous auriez ricané bêtement à la première citation de Wolton et...
Lamuseur : C’est vrai, pour un peu on se roulerait une pelle. Enfin, il y a une vraie raison cachée.
Lejournaliste : Ah ? Laquelle ?
Lamuseur : En fait, notre ancien hébergeur s’est rendu compte que son association tombait peu à peu dans les pièges du socialisme. Alors il a courageusement fermé les comptes gratuits, pour que les gens responsables rackent s’ils veulent rester chez lui.
Lejournaliste : C’est normal. La charité ça va un temps. On veut bien dépanner un copain, mais bon quand 40000 personnes tapent l’incruste, font des conneries, et qu’on doit payer les pots cassés, arrive un moment où, c’est humain, on envoie tout valdinguer. C’est comme tous ces squatters et chômeurs de confort. Vivre sur le dos des autres n’est jamais une bonne solution.
Lamuseur : Oui, tout à fait.
Lejournaliste : Des nouveautés en perspective ?
Lamuseur : Pour la rentrée, on a mille projets (délicieux). Une BD marrante et parodique sur les aventures d’un trappeur nommé Bobby Crocket, des fausses pubs drôles et mordantes qui dénoncent, des articles intelligents et instructifs qui expliquent, et des comptes-rendus de parties multi-joueurs à Starcraft. Mais chut ! C’est top-secret entre nous!
Lejournaliste : Que d’originalité ! Un cocktail explosif.
Lamuseur : Non mais c’est du Off, là, hein. Faudrait pas qu’on nous pique nos idées.
Lejournaliste : Rassurez-vous, je ne suis pas P.Carles.
Lamuseur : Ouf ! On a eu peur un moment. D’autant que, enfin je ne sais pas si je devrais le dire...
Lejournaliste : Mais si, on est entre nous là.
Lamuseur : Et bien Lirresponsable ne veut pas que cela se sache mais on a cachetonné salement pour K.Zero, en fait tous nos gags pas drôles et nos parodies torchées, on les a refourguées à prix d’or pour son vrai-Faux journal papier.
Lejournaliste : Mais...c’est énorme ! Il faut que j’appelle mon chef !
Lamuseur : C'est pas la peine, tout le monde le sait dans le mitan.
Lejournaliste : Non bien sûr, mais j'ai un squash à 14 heures.
FIN DE L'ENTREVUE