Le sociologue ?
Quelle Daube !
Le sociologue et ses questions. Pourquoi les gens le prennent-ils au sérieux ? Pourquoi se tape-t-on toujours un sociologue ou un psy certifié dans les journaux pour gonzesses ? La parole à un rustre.
Par Fauline Putepute
Pourquoi des sociologues dans les journaux pour gonzesses ?
Albert Prurit *. D'abord c'est des filles. Déjà. Et de un.
Pardon ?
Vous voyez un spécialiste en supra-conductivité dans un journal pour gonzesses, vous ?
Non, en effet, mais quel rapport ?
Eh bien, le sociologue, pour ces petites cervelles d'oiseaux, est un scientifique. C'est du sérieux. Mais c'est un scientifique dont on comprend les paroles. Genre : si on pose la question « Mais on peut se trouver un mec dans les toilettes du Mc Do de Palavas ? », la réponse est du genre : « Aux toilettes, on n'est pas celui que l'on est d'habitude. On tient sa biroute d'un air concentré, et les jeux amoureux sont faussés ». Comme ce discours a l'air profond et qu'elle comprend, on entrevoit mieux pourquoi la pigiste de Biba aime beaucoup les sociologues.
C'est des connes, quoi !
Exactement. Mais ce n'est pas tout …
Quoi d'autre, alors ?
Le sociologue est un bon bougre. Il dit aux gens ce qu'ils ont envie d'entendre. Au lieu d'expliquer que les touristes sont des gros cons à s'entasser sur les plages en été, il parle de « recomposition de la territorialité ». C'est une des bases du commerce : le client a toujours raison.
Tout le monde comprend ce que ça veut dire ?
Non il ne faudrait pas sous le prétexte de rendre accessible à un public habituellement exclu des discours trop policés, tomber dans la démagogie, voyons ! Ainsi il agrémente sa prose de petits détails pittoresques pour que ce soit plus middle of the road. Si on en reste à la plage, il va faire un peu de para-éthologie à deux balles avec « le mâle prend possession du territoire, chargé de la glacière tandis que la femelle et les petits suivent », ce qui arrachera des sourires aux lectrices, ainsi qu'un sentiment de connivence. Enfin elles sentent confusément qu'elles sont en train de comprendre quelque chose !
En quoi est-ce répréhensible ?
En rien. S'il était numérologue ou haruspice en lisant la forme des furoncles sur le cul d'une femelle babouin, ce ne serait pas grave (sauf pour le babouin bien sûr). Mais, là il se fait passer pour un scientifique, un peu comme un gosse qui se met une barbe postiche pour rentrer au cinéma porno, ou un journaliste citant les Auteurs toutes les deux lignes comme s'il était un intellectuel …
Et alors ?
Et alors, et alors ! Et alors, après, vous vous retrouvez avec des petites connes qui s'imaginent avoir la science infuse parce qu'elles ont parcouru un article dans Cosmo avec de vrais bouts de sociologue dedans et qui refusent de monter boire un dernier verre, sous prétexte qu'elles ont lu que c'est le « retour de la pureté » !
Je comprends … Mais le sociologue n'est tout de même pas entièrement en tort dans cette histoire.
Non, d'abord, comme je le disais, c'est toutes des filles. Ensuite, faut se mettre à la place du sociologue. C'est un type (ou même une femme) qui a fait des études studieuses (même si ne requérant pas des capacités intellectuelles toujours à la limite du collapsus) et qui se retrouve brusquement à la rue sans l'argent de poche de Papa et Maman. Il n'a pas trop le choix :
- Soit il encombre l'université française avec des sujets de thèses sur le « triple sens aporétique du camping » qui font bien rire les soirs de bitures entre bibliothécaires.
- Soit il encombre les DRH en compagnie de ses copains qui ont fait psycho.
- Soit, et c'est le cas qui nous préoccupe, il continue à glander, publie des livres grâce aux amis de Papa, joue Madame Soleil Social dans les journaux pour pouffes, flatte le mass-consumer dans le sens du poil …
Et sa prétention à l'objectivité ?
De la part d'un type qui recycle les clichés et les préjugés de son époque, ça me fait plutôt rire ! Pas vous ?
Vous êtes assez méprisant, finalement ...
Non, non , je connais mon sujet, c'est tout ….