Les deux images dont nous venons de dresser
les contours nous écartent de l'obscurité vide
des enquêtes sociologiques pour nous transporter au
coeur d'un univers de sens en fusion, et tout cela,
grâce à la petite lampe de poche qu'est
l'intelligence, doublée d'un bon goût. Ces
contours mettent en relief une forme de la vie, et
même le monde la vie, Lebenswelt. La
scène du film Les bronzées ne fait que
traduire ces impressions sensibles minuscules mais tellement
riches de sens, que tout un chacun éprouve en se
couchant dans sa tente ou sur sa serviette de plage ;
même monsieur Toulemonde.
Cette puissance cachée propose alors une
véritable alternative au social (naturisme), dans le
sens où elle inverse les polarités du
quotidien : ce n'est pas un rétrécissement sur
le quotidien qu'elle provoque, mais plutôt un
élargissement pour trouver son unité dans une
ambiance sociétale. Vivre pour vivre recouvre alors
tout son sens dans cet exceptionnel côtoiement de
l'autre, pour enfin fournir les paternes de formes
élaborées sur la colline sacrée...
* Responsable du Groupe de Recherches sur
l'Anthropologie de la Vie Enthousiaste (GRAVE) au Centre
d'Etude sur l'Actuel du Quotidien (CEA)
** Université de Kinshasa X,
Centre d'Ethnologie Française.
(1). Lapinot F., Le camping cékoïdon ?, Paris, PUF, 1996.
(2). Nous faisons référence
ici aux travaux de Urbaindouche J.-D., Encore à côté des chiottes
!, Paris, 1993.
(3). SCHUTZ, Snoopy et le quotidien.
Phénoménologie des sciences
sociales, Paris, 1987.