
...Dans un monde balisé par le réalisme économique et la haine de soi, les derniers tenants de l'orgueil anarchique sont peut-être des paumés de la banlieue de Bitchy Beach qui rentrent leur ollie 360 du haut de la mini-rampe de leurs garages, avant de partir à Courchevel pour faire du Snow sur Dreamcast sous 8.6. Quoi de new me direz-vous ? Et bien, ces jeunes ont tous un point commun : ils sont blancs, adoptent le nouveau look urbain-décalé-relax-cool, et plus suprenant : ils portent un masque de Crash Bandicoot (CbC), le célèbre bestiole estampillée Play, à face de coyote ou de chien sauvage, voire de fennec, mais c'est moins sûr. Nous sommes donc, derrière ce masque, face à un nouveau phénomène sociétal : la White Crash Bandicoot Attitude.
# 01 Crash middle-middle
En matière de culture, on est souvent amené à exalter les minorités, ou alors on écrit dans le catalogue de la Redoute (page sous-tifs couleur chair). Qu'elle soit sexuelle (la culture Gay & Lesbian), féministe ou prolétarienne, le culture c'est la culture, et l'Usine Nouvelle pour causer le soir montre vite ses limites. Mort de Diana,Victoire des Bleus, Mode SM, Loftstory, Méchants Arabes, bref tous les sujets cons sur lesquels on tartine, et pour lesquels vous raquez amis lecteurs, rien de ce qui traîne dans la marge ne nous est étranger, d'ailleurs je l'avais noté dans la marge pour ne pas l'oublier, en allant chercher du pain. Mais il est un domaine où l'on avance à tâtons, pour cause de sincérité, un domaine où règne l'exact panel de notre lectorat, (et où un jour l'amour sera roi), un petit blanc désagréable et con, qui bosse dans un supermarché, adore sa bagnole ou son portable bref, un mass consumer de base mainstream. Depuis qu'il ne cesse de sortir masqué, le soir, le White Crash a balancé son lot de merdes et de pépites. Il était donc temps d'enquêter sociologiquement sur le terrain, et de faire toute la lumière sur cet étrange phénomène qui n'est pas sans remettre en cause bien des préjugés (judéo-chrétiens par exemple).
# 02 C'est tout sauf un sport
Comme la Polka House et le Garage Turco-mongol 220 bpm, les deux vibrations les plus inaudibles de la scène musicale hype, le CbC s'impose comme un univers complexe, chaotique, fractal, peuplé de références pour les initiés et de symboles mystérieux dont le rôle est d'éloigner le profane. « Kick les cons ! », nous dit D.Jeek Jimmy Jay, qui ne supporte pas les reprises commerciales qui dénaturent le mouvement et l'esprit tribal du CbC ; selon lui.
Le CbC exige qu'on s'implique à fond, « Faut pas faire mine, keum, regarde ma fesse gauche, elle est tatouée : "fennec for ever", et ça c'est pas du flan, man », me glisse D. Jeek Jimmy Jay, l'un des leaders français du mouvement Cbc. Très docte, il poursuit : « C'est un phénomène qui s'est construit par lui-même, t'as juste à surfer la vague, faut pas essayer d'agripper le truc, cool quoi, tu laisses venir euh...On peut pas en faire partie à moitié ». Et là, c'est toute la sagesse immémoriale de D.Jeek Jimmy Jay qui parle. On en redemande, quitte à s'en prendre plein la face (et la bouche). De ses origines extrêmement localisées (en effet le Cbc naît pour ainsi dire à Bitchy Beach, bien que les spécialistes ne soient pas à 100 % right with it là dessus), jusqu'à la récupération de son esthétique et de son parler vrai par la mode, l'esprit du sport et la publicité, le CbC a vécu un parcours étonnant. Jusqu'à nous. Emergeant des 90's, comme le mouvement à la pointe de toute la culture contemporaine, il représente aujourd'hui un savant mélange, dosé avec finesse, d'esprit de glisse et d'esprit festif géométrique, type Mardi gras créole, option patate douce sous beu-r. Un état d'esprit qui dynamite tout ce qu'il touche, même les formules clichées, évoluant en parallèle des autres grands mouvements undergrounds, qui se sont organisés ou désorganisés durant son existence.
Les tactiques Parthes sont équivalentes à la dernière armure des archers. Pour 200 N et 250 O à l'âge impérial, elles ajoutent (corps à corps / flèches) +1 / +2 d'armure aux archers de cavalerie, et seulement à eux. Les Huns et les Mongols ne disposant pas de l'armure d'archer chaînée, les tactiques Parthes la remplacent pour une armure de 4 / 4. Pour d'autres civilisations, comme les Sarrasins et les Turcs, elles s'ajoutent, offrant ainsi une jolie armure de 5 / 6 ! De quoi rendre les archers de cavalerie vraiment résistants. Ajoutez à cela la limitation de portée des forums, et leur plus faible nombre, un bonus contre la ligne lancier de +1 et vous aurez une unité globalement efficace.
# 03 Boire des bières et torturer des animaux
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Mais ce qu'il y a de plus troublant dans ce mouvement, à la limite du malaise, est le sort réservé à nos amis les bêtes. Les âmes sensibles risquent d'être choquées, non pas qu'on y cause sodomie double impact, mais le Cbc, on l'a dit, est tribal et influencé par son background créole-béké séké maoulé fouet cash. « Tu comprends man, la torture c'est comme un art, et ce serait dommage de le laisser aux militaires à mon avis...Tu vois, moi je suis sans tabou, ce qu'il y a, faut voir qu'avec un gamin t'as des emmerdes, alors qu'un renard, tu comprends man, personne ne viendra le chercher dans mon garage, tout le monde s'en fout de ce putain d'renard, même les keufs... ».
D.Jeek Jimmy Jay
# 04 Je suis un ours en peluche
D.Jeek Jimmy Jay poursuit affable, « De toute façon, les lois on s'en branle, même si l'affaire Dutroux nous a causé de la mauvaise publicité, et c'est pas deux écolos qui vont m'apprendre ce qu'il y a de bons pour les renards ; moi je les connais les renards, depuis tout gosse, des sales bêtes qui bouffent les poules...euh...Ce qu'il y a, au début du mouvement, c'étaient des vraies têtes, des trophées, qu'on se mettait en masque ; mais comme tu t'en doutes, l'odeur est difficilement supportable même complètement rash à la rebié, et puis ma meuf, faisait la gueule, et puis...je te dis pas les enguelades de papa (chirurgien dentiste) qui me faisait une parano sur les risques sanitaires ». D'une intelligence introspective assez rare, D.Jeek Jimmy continue de se battre contre ses démons, apprenant à vivre avec sensibilité blessée, moins de 30 KF/mois, et sa sincérité explosive dans un monde qui semble n'encourager que les trahisons, n'applaudire qu'aux renoncements.
Cela fait-il de D.Jeek Jimmy Jay un véritable White Crash Bandicoot ? Peut-être. Peut-être pas : « je suis en ours en peluche, c'est pour ça que je porte un masque d'animal », se confesse-t-il. Et puis torturer des animaux c'est mal, une dénégation de notre animalité primordiale, où l'harmonie avec la Nature n'était pas un vain mot. Mais un metteur en scène nous dirait qu'il est tout de même un peu citadin pour le rôle et qu'il manque à cette histoire une dimension résolument bucolique. C'est donc à Vitry/seine que nous partons pour rencontrer la jeunesse blanche et désoeuvrée d'aujourd'hui. Les authentiques WCBC. Là bas, on ne va pas faire du snow à 4 plaques la semaine dans le chalet de papa, tout en causant caillera sur les pistes, non, on nique sa mère. D'ailleurs à peine arrivés, nous avons dû repartir, car ces petits cons nous balançaient des cailloux en nous crachant à la gueule, et en nous traitant de « gros PD de journaliste bourge de ta race ». No comment. On l'avait prédit : le White Crash Bandicoot ne se laisse pas facilement cerner, mais sans doute est-il parvenu au sommet du Point Break...