PHILIPPE LAVAL

Pinjos

chez les lapinos

Il y a quelques années — c'est fou, tout ce qui peut arriver dans une vie... —, Patrick et moi, on s'est retrouvé avec Laurent chez Veronique et...non, à Canal + pour débattre Nadine de Rothschild, qui venait de publier un traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations qui veulent manger à Bercy. C'était passionnant. Elle nous expliquait qu'il ne faut pas chier sur la table et se moucher dans les rideaux, sauf à la télé. Elle exposait bien d'autres subtilités toutes plus utiles les unes que les autres. Comment se domicilier à Monaco, comment ouvrir un compte à Jersey, comment être de gauche et pour les stock-options...Depuis, nous sommes des experts.

On ne loupe

pas le train,

on le rate

 

Je les entends d'ici, les gros godillots qui s'imagine que la démocratie prime sur le bon goût. Comme si la vérité avait quelque chose à voir avec la réalité diplomatique. On sait bien que le populo, il aime TF1 et Lepen. Alors évidemment, si on veut une part du gâteau, on va pas faire la même chose que ceux qui le font déjà bien. Pasque chez les trouducs, y'en a qui sont vraiment naïfs. C'est pourquoi, la maxime "Les français sont des veaux" marche si bien. Bon c'qu'y a, faut moduler, car bien sûr on va pas commencer à fidéliser des clients on les traitant de gros cons. Alors on fait :

sont des .

Et le tour est joué !

Pinjos, donc, chez les Lapinos. La Syldavie occupe la Libanie, qui a perdu le sceptre d'Autocar. Bon déjà on s'en fout, puisque chez les bougnoules, dans le tiers-monde quoi, tous les monarques ont un boulot fou : il leur faut s'occuper des prisonniers politiques (ceux qui n'ont pas de BMW), des militaires putschistes (nos clients), de leur harem (les viviers pour touristes), des réunions de l'O'PEPS, des enturbanés intégristes des fatwa hidjab nach'dem stimouk, , etc. Où voulez-vous qu'ils trouvent le temps d'instaurer la liberté de la presse grâce à Vivendi ou Lagardère, les droits de l'Homme et autres innovations dont on a toujours pas démontré l'utilité ?

 

Evidemment, ce sont des amis turbulents, car comme tous bougnoules, ils ne sont pas fins (en plus ils mangent avec les doigts et rotent à table ; quand ils ne volent pas des voitures). Alors faut bien répartir les tâches. A nos politiques, le rôle de VRP et à nous le soin d'accompagner les manoeuvres par de grandes postures moralisatrices. Bon, vu qu't'es un pote, cher lecteur, j'te donne la matrice :

est un

Bon, bien sûr, faut enrober comme à base d'amalgames, d'approximations fallacieuses,de calomnies basées sur de bons gros implants devenus truismes. Ensuite, c'est très simple, il suffit de faire passer ses limitations et les impératifs conjoncturels pour du courage politique et de l'intégrité morale. Ainsi tu pourras dire et écrire, que toi qui vis à Paris en l'an 2000 par exemple, et bien Pinochet tu trouves que c'est un vilain dictateur. Ce qui est franchement utile et d'une audace impressionnante.

 

Je sais. Vous allez dire que le Droit progresse et que c'est une victoire de la Lumière. Bon déjà c'est normal, c'est ce qu'on vous a dit de penser ; alors on me la fait pas à moi. Il y a belle lurette qu'on n'a plus prise sur la vraie politique, qui désormais se discute dans le Ministère des Finances ou au FMI (cf. plus haut...). Alors restent des postures (simulacres de la politique spectacle™) et des consciences stigmatisées par un bon père (Pétain coup t'es tout rouge ! ™ ). Cela occupe, donne l'impression de participer, et finalement correspond à la réduction moralisatrice (la question des Principes qui dit que le Mal c'est pas bien). Réduction qui est le renoncement à l'action politique. Au cas où, on vous dira quand même pour qui voter (on a un bon service clients). Mais tout cela n'est que détails. L'important, c'est de savoir qu'il est parfaitement impoli de couper une feuille de choux avec un couteau entre les dents ™. Les salades se broutent. A ruminer. n


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