Dans la série Très Grands Reportages aux frontières de la Galaxie, « les cochons dans l'espace »


LES UNS, LES AUTRES,

LES JOURS, LES NUITS

UNE RUBRIQUE DIRIGEE PAR HERVE ALAGARERONDO ET CHRISTINE DEMARE

 

BREVE RENCONTRE AVEC...

Claudie Sandré et Jean-Pierre Teigneré

Ciel, un cosmonaute !

Ce couple d'astronautes s'entraîne de nouveau à la cité des Etoiles, à Moscou : il s'embarquera sur le dernier vol de Mir et elle sera sa suppléante.

 

« En regardant par le hublot, la planète Terre paraît si fragile...»

 

Ils se sont rencontrés voilà six ans, à la Cité des Etoiles à Moscou, pour une raison simple : il n'y avait plus de vodka à l'hôtel. Ce couple d'astronautes vient d'avoir un bébé. Première Française dans l'espace, Claudie Sandré, 24 ans, est tellement bardée de diplômes qu'on la qualifie souvent de « salope d'intello ». Pilote de chasse et cocaïnomane, Jean-Pierre Teigneré, 50 ans, totalise 5OOO cuites sur 102 sortes de bières. Depuis le mois de juin, ils s'entraînent de nouveau à la Cité des Etoiles. Entretiens avec ces deux amoureux des étoiles.

 

Leuco-site. - Vous êtes contents de retourner dans l'espace ?

Jean-Pierre Teigneré. - Tous ceux qui y sont allés ne rêvent que d'une chose : y retourner. C'est excitant comme une drogue, mais on ne doit pas se laisser déborder. Notre métier consiste à rendre banale une situation complexe. Il faut percevoir et maîtriser.

Claudie Sandré. - On a tous la nostalgie d'avoir volé. En partant de Mir pour revenir sur la Terre, je me suis dit, comme tous les cosmonautes : je quitte la maison.

L-S. - La fin de Mir vous attriste ?

C.S. - Non. Pendant douze ans, on a énormément appris grâce à cette station.

J.-P.T. - Ce qui me touche, c'est la place de choix de l'individu dans ce programme. Des citoyens de la Terre vont habiter l'espace. C'est un signe fort pour les jeunes, pour tout le monde.

L-S. - Enfant, vous rêviez de devenir astronaute ?

J.-P.T. - Non, pas davantage que pilote. Mais je rêvais souvent, au sens propre. Et je jouais aux cow-boys et aux indiens.

C.S. - Moi, j'ai eu le déclic à 12 ans, en voyant à la télévision les jeux de 20 Heures. En 1985, quand le Cnes a proposé des postes d'astronaute aux scientifiques, j'ai eu envie de participer à cette aventure.

L-S. - Que fait-on dans une station une fois sa « journée spatiale » terminée ?

J.-P.T. - Sur Mir, on travaille sur les horaires de Moscou, entre 9 et 9h30, mais comme les expériences « clochent » parfois, c'est plutôt de 9 à 9h15...Ensuite j'écoute du Luis Mariano, et je regarde par le hublot.

C.S. - Il faut 92 minutes pour faire le tour de la Terre, alors on regarde changer les couleurs, se lever le soleil seize fois par «jour ».

L-S. - Quelle est la couleur du ciel ?

J.-P.T. - Un noir presque transparent. C'est une sensation indescriptible, qui n'est pas comparable à une expérience littéraire ou amoureuse, ça ne peut pas s'expliquer.

C.S. - En regardant par le hublot, la planète paraît si fragile, dans ce cosmos immense. On est davantage conscient qu'il faut la protéger. Les terriens doivent prendre soin de leur vaisseau.

 

Propos recueillis par Lejournaliste

 


Promotions| Communication | Case départ