DOSSIER

SONDAGE LOUIS VARICE / « L'EVIDEMENT ». Béart ou Deneuve, La Bretagne ou la Corse, le couscous ou le gigot, Cohn-Bendit ou Chevènement...

ÊTES-VOUS

CONS ?

 

La connerie existe en France. Mais pas pour les raisons apparentes que l'on imagine. Pas parce que Lionel Jospin est au pouvoir, pas parce que Robert Hue s'efforce de sauver du naufrage le paquebot communiste (devenu aujourd'hui La Joconde), pas parce que Casimir n'est plus programmé (sauf chez Arthur), même pas parce que Alain Madelin (ou DSK) pense représenter l'avenir, porté par la fraîcheur de ses idées. Non, la connerie existe au-delà, au dessus, en deçà de ceux qui, aujourd'hui, l'incarnent électoralement. Elle existe en tant que catéchisme appris par des millions d'homme et des femmes qui l'ont, quels que soient leurs choix lors des scrutins, en commun. Et nous sommes là pour cela. Elle existe en tant que référence historique où figurent pêle-mêle la quasi totalité de l'histoire de l'humanité (surtout à partir du XIXè siècle). Elle existe à travers un socle de valeurs, par elle-même comme un phénomène réel (et en même temps rêvé et idéalisé) qui, bien entendu, ne s'inscrit pas dans les contours, très pragmatiques, de la connerie légale telle que cette dernière se présente dans ses exercices de gouvernement.

Le sondage que nous publions aujourd'hui fournit une éclatante démonstration : à l'instar de la plus belle fille du monde (top bonne), les meilleurs sondés de la Terre ne peuvent donner que ce qu'ils ont. Ils ont donc enregistré ce qui leur est répété, assené depuis des années. A savoir qu'il fallait que la connerie se rallie enfin au marché plutôt que de nier les réalités économiques. Ce qui, nul ne le conteste (et surtout pas dans nos pages), était une absolue nécessité impérieuse obligatoire que c'était pas possible de pas le faire. Mais elle a été accompagnée d'une stupéfiante frénésie amoureuse : il vaut mieux à l'évidence licencier régulièrement plutôt que de ne pas le faire, mais de là à tomber en extase quand on annonce un plan social...Les sondés donc, en parfaite cohérence avec ce discours dominant, répondent donc en majorité (3,9%) qu'il ne sont ni de droite ni de gauche, et même que le clivage gauche-droite est obsolète, non pertinent et inutile pour comprendre la seule politique possible.

 

Benoît Skiray


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