Tuons les pauvres !




Les pauvres coûtent trop cher. Ils sont la cause de notre faillite économique. C'est ce que nous répètent :



Eh oui, les pauvres ça craint. C'est onéreux. Ca revendique, alors qu'en bonne logique darwiniste (toujours latente chez ces spécialistes), ils ne devraient même pas exister.

Au siècle dernier les pauvres servaient à quelque chose : le fric des riches venaient de l'exploitation de ces derniers (dans les vaudevilles du célèbre comique troupier K. Marx). Même si on envoyait la troupe de temps en temps, il fallait préserver la force des pue-la-sueur pour actionner la noria. Maintenant que ce sont les pauvres des autres qui bossent à quoi servent les nôtres ?
Les économistes, toujours en retard d'un wagon, s'aperçurent vers le milieu du siècle que ce n'était pas tout de produire, mais encore fallait-il absorber toute la daube (ça s'appelle consommer). Les pauvres eurent encore (et ont encore pour peu de temps) leur utilité en tant que débouchés pour le superflu. Mais tous les Alain Minc du monde sont en train de se dire que si on peut délocaliser la production on peut en faire autant avec la consommation ; les Philippins produisent nos saloperies ; 1 milliard et des poussières de Chinois trépignent d'impatience en attendant nos méganes .

Conclusion : dans nos pays avancés, les pauvres sont inutiles et sont un luxe qu'on ne peut plus se permettre : il faut les éliminer. Soit par un eugénisme mené d'une main de fer ou carrément grâce à un programme plus rapide inspiré de celui de feu H. Himler.

Toutefois cette élégante solution présente quelques inconvénients théoriques, le principal étant : à quoi bon être riche dans ces conditions ? Car comme disait l'autre c'est pas le tout d'être heureux, encore faut-il que les autres soient malheureux.



Il faut y réfléchir ...



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