[Le Cinéma] Maintenant il est gâteux ou il est infantile ... En Amérique, il est infantile, chez nous, il est gâteux ...Disait Serge Daney. Qui avait bien raison [4]. Mais il peut être bon aussi de se demander quelle est la fonction du gâtisme ou de l'infantilisme quand ils se trouvent être les modes de représentations dominants. Surtout lorsqu'ils sont plébiscités.
[Debray, interviewer] (...) On ne pas critiquer la télé sans critiquer le public auquel elle s'adresse ?
[Daney] J'avais toujours reculé devant cela (...) et je pense qu'aujourd'hui on est obligé à cause de l'évolution récente de la télé (...)
Ceci ne veut pas dire qu'aucun bouclier humain n'a jamais été utilisé. Mais simplement, que dans une logique spectaculariste indexée sur l'émotionnel, on a d'autant plus tendance à faire passer pour cas général ce qui n'a jamais été qu'une fantaisie de psychopathe.
Le terme de simulacre n'est pas heureux car il laisse entendre que non seulement il y a production d'une fausse réalité à la place d'une vraie, mais qu'en plus, c'est de propos délibéré. En fait, la réalité générée par les média est LA réalité, et nul n'est plus capable de se présenter, une réalité sous le bras, et d'être à même d'affirmer qu'elle est la vraie réalité.
En l'occurrence, il visait la Qualité France, Berri, Tavernier et consorts. On peut y ajouter la nouveauté cul-bénique, à la façon de L'avis révé des langes (ha ha ha !).
De même, s'il est réconfortant et reposant de se retrouver en groupe autour des tièdes foyers des faux problèmes, cela n'a jamais fait avancer aucun schmilblick que ce fût.