DEUX TYPES DE TECHNOLOGIE

  1. Un argument souvent avancé contre la révolution que nous proposons est qu'elle est vouée à l'échec, car (prétend on) du fait que la technologie a toujours progressé au cours de l'histoire, il est impossible qu'elle régresse. Mais cette affirmation est fausse.

  2. Nous distinguerons deux types de technologie que nous appellerons technologie de base (à petite échelle) et technologie systémique (dépendante de grosses infrastructures). La technologie de base est celle qui est utilisée par de petites communautés sans assistance extérieure. La technologie systémique est celle des grosses organisations sociales. Nous sommes d'accord que dans le cas de la technologie de base, aucun exemple de régression significatif n'a eu lieu. Mais la technologie systémique REGRESSE quand l'organisation sociale dont elle dépend s'effondre. Par exemple : quand l'empire Romain se désintégra, la technologie de base romaine perdura car n'importe quel artisan adroit de village pouvait, par exemple, construire une roue à aube, ou un forgeron faire de l'acier suivant les méthodes romaines, et ainsi de suite. Mais la technologie romaine systémique , elle, REGRESSA. Leurs aqueducs finirent par être hors d'usage et ne furent jamais réparés. Leurs techniques de construction furent perdues. Leur système sanitaire urbain fut oublié, ce qui fait que celui des villes européennes n'atteint que récemment le niveau de celui de la Rome antique.

  3. La raison pour laquelle la technologie a toujours semblé progresser est que, jusqu'à un siècle ou deux avant la Révolution Industrielle, la majeure partie de la technologie était de la technologie de base. Mais depuis nous sommes entrés dans l'ère de la technologie systémique. Prenons le réfrigérateur, par exemple. Sans le développement industriel et l'infrastructure attenante, il aurait été impossible à des artisans de concevoir et construire un réfrigérateur. Si par quelque miracle, ils eussent pu en construire un, il aurait été impossible de le faire fonctionner sans une source fiable d'électricité. Ainsi, un barrage aurait été nécessaire avec une turbine. Cette dernière nécessite une quantité considérable de fil de cuivre. Essayez d'imaginer de produire tout ce câblage hors d'un environnement industriel. Et où auraient-ils trouvé le gaz nécessaire à la réfrigération ? Il aurait été plus simple de construire une chambre froide ou de préserver les aliments en les séchant ou salant, ainsi que cela fut fait avant l'invention du réfrigérateur.

  4. Il est clair que si le système techno-industriel était mis à bas, la technologie de la réfrigération disparaîtrait bien vite. Ce qui est vrai pour toute la technologie systémique. Et une fois que cette dernière aura été perdue pendant à peu près une génération, cela prendrait des siècles pour la reconstruire, comme il a fallu des siècles pour qu'elle voit le jour. Les livres techniques survivants seraient rares et dispersés. Une société industrielle, si elle ne bénéficie pas d'aide extérieure, doit passer par des stades successifs : vous avez besoin des outils pour fabriquer les outils pour fabriquer les outils pour fabriquer les outils ... Un long processus de développement économique et d'organisation sociale est nécessaire. Et même en l'absence d'une idéologie opposée à la technologie, il n'y a pas de raison de croire que quiconque serait intéressé par la reconstruction d'une société techno-industrielle. L'enthousiasme pour le "progrès" est un phénomène propre à notre société, et il ne semble pas avoir existé avant environ le 17ème siècle.

  5. A la fin du moyen-âge, il y avaient 4 civilisations à un stade d'avancement équivalent : l'Europe, le Monde Islamique, l'Inde, et l'Extrême-Orient (Chine, Corée, Japon). 3 de ces civilisations demeurèrent plus ou moins stables et seule l'Europe devint dynamique. Personne ne sait pourquoi ce fut le cas ; les historiens ont chacun leurs théories, mais ce ne sont que des hypothèses. Quoi qu'il en soit, il est clair que le passage à une société techno-industrielle ne peut se faire que sous certaines conditions. De ce fait, il n'y a pas de raison de supposer que qu'une régression technologique à long terme ne puisse se faire.

  6. Est-ce que, EVENTUELLEMENT, un nouveau développement d'une société techno-industrielle est possible ? Peut-être, mais ce n'est pas la peine de se soucier de cela, car nous ne pouvons prévoir ou contrôler ce qui pourrait advenir dans 500 ou 1000 ans. Ces problèmes seront résolus (ou pas) par les gens qui vivront à ce moment là.

    LE DANGER DU "GAUCHISME"

  7. Du fait de leur besoin de rébellion et d'insertion dans un mouvement, les "gauchistes" ou les personnes ayant une psychologie semblable, sont souvent attirés par un mouvement protestataire ou activiste dont les buts et le personnel ne sont pas a priori "gauchistes". L'arrivée de "gauchistes" peut alors facilement transformer un mouvement non "gauchiste" en mouvement qui le soit, ce qui fait que des buts "gauchistes" remplacent ou altèrent les buts initiaux.

  8. Pour éviter cela, un mouvement qui exalte la nature et s'oppose à la technologie doit avoir impérativement une attitude anti "gauchiste" et ne doit pas collaborer avec eux. Le "gauchisme" est sur le long terme incompatible avec la Nature Sauvage, avec la liberté humaine et avec l'élimination de la technologie moderne. Le "gauchiste" est un collectiviste ; il cherche à unifier le monde (la race humaine et la nature à la fois) en un tout. Mais ceci implique l'administration de la nature et de la race humaine par une société organisée, et requière une technologie avancée. Vous ne pouvez avoir un monde unifié sans moyens de communications (dans tous les sens du terme) rapides, vous ne pouvez faire que chacun aimera son prochain sans des techniques psychologiques sophistiquées, vous ne pouvez avoir une "société planifiée" sans une solide technologie. Par dessus tout, le "gauchiste" est motivé par le besoin de pouvoir, et il recherche ce pouvoir sur des bases collectivistes, au travers l'identification à un mouvement de masse ou à une superstructure. Le "gauchiste" n'est pratiquement jamais pour abandonner la technologie, car celle-ci est un moyen trop précieux pour un pouvoir collectiviste.

  9. L'anarchiste [34] est aussi à la recherche de pouvoir, mais sur des bases individualistes ou au sein de petits groupes ; il veut que l'individu ou ces petits groupes puissent être en mesure de contrôler leurs destins. Il s'oppose à la technologie car elle rend les petits groupes dépendants des grosses organisations.

  10. Certains "gauchistes" semblent s'opposer à la technologie, mais ils ne s'y opposeront que tant qu'ils seront des outsiders et que la technologie sera contrôlée par des non "gauchistes". Si le "gauchisme" devient un jour dominant dans la société, ce qui fait que le système techno-industriel deviendra une arme entre leurs mains, ils en useront et favoriseront sa croissance avec enthousiasme. En faisant cela, ils répéteront un schéma que le "gauchisme" a montré dans le passé à maintes reprises. Quand les bolcheviques étaient minoritaires en Russie, ils étaient vigoureusement contre la censure et la police secrète, ils défendaient l'autodétermination des minorités ethniques, et ainsi de suite ; mais dès qu'ils eurent le pouvoir, ils imposèrent une censure bien plus sévère, créèrent une police secrète autrement plus efficace que du temps des tsars, et oppressèrent les minorités ethniques au moins autant que dans le passé. Aux Etats-Unis, il y a une vingtaine d'années, quand les "gauchistes" étaient minoritaires dans nos universités, les professeurs "gauchistes" y défendaient farouchement la liberté de pensée, mais aujourd'hui, là où ils sont dominants, la situation s'est renversée (c'est le "political correctness"). La même chose arrivera avec les "gauchistes" et la technologie : ils l'utiliseront pour opprimer leurs opposants si jamais elle tombe sous leur contrôle.

  11. Dans les révolutions dans le passé, les "gauchistes" les plus avides de pouvoir, ont toujours collaboré dans un premier temps avec les révolutionnaires non "gauchistes", aussi bien qu'avec les "gauchistes" de tendance plus libertaire, et dans un deuxième temps, les ont doublés pour conserver le pouvoir pour eux-mêmes. C'est ce que fit Robespierre lors de la révolution française, ce que firent les bolcheviques pendant la révolution russe, les communistes en Espagne en 1938, et Castro à Cuba. Au vu de ces exemples, il serait complètement aberrant pour des révolutionnaires non "gauchistes" de collaborer avec ces derniers.

  12. Un certain nombre de penseurs ont relevé que le "gauchisme" est une sorte de religion. Le "gauchisme" n'est pas une religion au sens strict car cette doctrine ne postule pas l'existence d'un être surnaturel. Mais pour le "gauchiste", l'idéologie joue le même rôle psychologique que la religion pour certaines personnes. Le "gauchiste" a BESOIN de croire au "gauchisme" ; il joue un rôle central dans son économie mentale. Ses croyances ne sont pas facilement modifiées par la logique ou les faits. Il a la profonde conviction que le "gauchisme" est moralement Juste, avec un J majuscule, et cela implique que ce n'est pas un droit mais un devoir que d'imposer ses convictions à qui que ce soit (toutefois, beaucoup de gens que nous qualifions de "gauchistes" ne se pensent pas "gauchistes", et ne décriraient pas leur système de croyances comme "gauchistes". Nous utilisons le terme de "gauchiste" (guillemets dans le texte - N.D.T.) car nous ne voyons pas de meilleur terme pour désigner tout ce qui est commun au féminisme, au mouvement gay, au political correctness, etc, et parce que ces mouvements ont une forte affinité avec l'ancienne Gauche - voir paragraphes 227-230.).

  13. Le "gauchisme" est une force totalitaire. Pour peu qu'il soit en position de force, il a tendance à s'immiscer dans chaque recoin de la vie privée et à contraindre tout le monde à passer au moule "gauchiste". Ceci est du en partie au caractère quasi-religieux du "gauchisme" ; tout ce qui s'oppose aux "gauchistes" est assimilé au Péché. Plus fondamentalement, c'est une force totalitaire à cause de la méthode de recherche de pouvoir du "gauchiste". Ce dernier cherche à satisfaire son besoin de pouvoir en s'identifiant avec un mouvement de masse et tente de satisfaire son processus de pouvoir en collaborant pour que ce mouvement atteigne ses buts (voir paragraphe 83). Mais peu importe le degré de réussite du mouvement car le "gauchiste" ne sera jamais satisfait ; son activisme étant une activité compensatrice (voir paragraphe 41). Ce qui fait que la motivation réelle du "gauchisme" n'est pas d'accomplir les buts annoncés du "gauchisme" ; en réalité, il est poussé par la sensation de pouvoir que lui confèrent le combat pour un but social et son accomplissement [35] . En conséquence, le "gauchiste" n'est jamais satisfait par ce qu'il a déjà obtenu ; son besoin de processus de pouvoir lui fait sans cesse chercher de nouveaux buts. Le "gauchiste" veut des chances égales pour les minorités. Une fois ceci fait, il insiste sur une répartition sociale statistique par minorité. Et aussi longtemps que quiconque abrite dans un recoin de son esprit un quelconque ressentiment envers une minorité, le "gauchiste" se doit de le rééduquer. Et les minorités ethniques ne sont pas suffisantes ; personne ne peut avoir quelque chose à reprocher aux homosexuels, aux handicapés, aux obèses, aux vieux, aux moches, et ainsi de suite. Ce n'est pas suffisant que les gens soient prévenus des dangers du tabac ; un avis doit être imprimé sur chaque paquet de cigarettes. Puis la publicité pour le tabac doit être limitée sinon interdite. Les activistes ne seront jamais satisfaits avant que le tabac ne soit mis hors la loi, et ensuite ce sera le tour de l'alcool, de la junk food, etc ... Ils se sont battus contre les mauvais traitements infligés aux enfants, ce qui raisonnable. Mais maintenant, ils veulent prohiber jusqu'à la fessée. Ils ne seront satisfaits que lorsqu'ils auront un contrôle complet sur la façon dont sont éduqués les enfants. Puis ils passeront à une autre cause.

  14. Supposons que vous demandiez à un "gauchiste" de faire une liste de TOUT ce qui ne va pas dans la société, et supposons que vous appliquiez TOUS les changements sociaux requis. Il est sûr et certain que d'ici quelques années, la majorité des "gauchistes" trouveront quelque chose de nouveau à combattre, quelque nouveau "tort" social à redresser, car, une fois de plus, le "gauchiste" est moins motivé par la détresse du monde que par son besoin de satisfaire son désir de pouvoir en imposant ses solutions à la société.

  15. A cause de leurs inhibitions du fait de leur haut niveau de socialisation, la plupart des "gauchistes" du type sur-socialisés ne peuvent rechercher le pouvoir de la même façon que le reste de la population. Pour eux, cette recherche ne peux se faire que d'une seule manière moralement acceptable, et c'est cela qui fait leur lutte ; imposer cette morale à tous.

  16. Les "gauchistes", surtout les sur-socialisés, sont des fanatiques (True Believers) dans le sens qu'en donne Eric Hoffer dans son livre : "Les Fanatiques". Mais tous les fanatiques n'ont pas le même type psychologique que les "gauchistes". Un fanatique nazi a probablement un profil mental très différent de celui d'un "gauchiste". Du fait de leur dévouement aveugle à une cause, les fanatiques sont un élément important, sinon nécessaire, de tout mouvement révolutionnaire. Ceci pose un problème auquel nous avouons ne pas avoir trouvé de solution. Nous ne sommes pas surs de savoir canaliser l'énergie des fanatiques lors d'une révolution contre la technologie. Tout ce que nous pouvons dire, à priori, c'est qu'un fanatique n'est pas une recrue sure pour cette révolution, à moins que son désir ne soit QUE la destruction de la technologie. S'il est engagé dans la poursuite d'autres buts, il pourra utiliser la technologie comme un outil pour parvenir à ces (autres) fins (voir paragraphes 220,221).

  17. Certains lecteurs se disent : "tout ceci n'est qu'un tissu d'âneries. Je connais John et Jane qui sont "gauchistes" et ils n'ont absolument pas de tendance totalitaires". Il est vrai que beaucoup de "gauchistes", si ce n'est la majorité, sont des gens honnêtes qui croient sincèrement à la tolérance (jusqu'à un certain point), et ne voudraient pas user de moyens coercitifs pour faire advenir leurs buts sociaux. Nos remarques sur le "gauchisme" ne s'applique en fait pas à chaque individu concerné, mais décrivent les caractères généraux du "gauchisme" comme mouvement. Et "l'idéologie" d'un mouvement n'est pas déterminée par les proportions statistiques des croyances des individus au sein de ce mouvement.

  18. Les gens qui atteignent des positions de pouvoir dans les mouvements "gauchistes" sont les plus avides de pouvoir (ce qui est normal puisqu'il s'agit de satisfaire leur appétit de pouvoir). Une fois que ces derniers ont pris les rênes du mouvement, beaucoup de "gauchistes" plus modérés désapprouvent en leur fort intérieur les décisions des leaders, mais sont incapables de s'y opposer. Ils ont BESOIN de leur foi dans le mouvement, et ainsi, ne peuvent retirer aux leaders la foi qu'ils leurs ont confiée. Il est vrai que QUELQUES "gauchistes" ont le courage de s'opposer aux tendances totalitaires qui émergent, mais ils perdent généralement, car leurs adversaires sont plus organisés, plus impitoyables et machiavéliques et ont pris soin de se constituer de solides fondations.

  19. Ces phénomènes sont apparus clairement en URSS et dans les autres pays "conquis" par les "gauchistes". De la même façon, avant l'effondrement du communisme en URSS, peu de "gauchistes" ont critiqué ce pays à l'ouest. Le cas échéant, ils admettaient que tout n'allait pas pour le mieux en URSS, mais trouvaient des excuses aux communistes, et finissaient par parler des tares de l'Occident. Ils ont toujours excusé les agressions communistes par les actions militaires occidentales. Les "gauchistes" du monde entier ont protesté contre l'intervention américaine au Vietnam, mais personne n'a rien dit lors de l'invasion de l'Afghanistan. Ce n'est pas qu'ils approuvaient les actions soviétiques ; mais du fait de leur foi "gauchiste", ils ne pouvaient s 'opposer formellement au communisme. Actuellement, dans nos universités où le political correctness est devenu dominant, il y a probablement beaucoup de "gauchistes" qui désapprouvent en leur fort intérieur la disparition de la liberté de pensée, mais ils ne se révolteront pas contre cet état de fait.

  20. Ainsi, le fait que la plupart des "gauchistes" pris individuellement sont modérés et plutôt tolérants, n'empêche pas que le "gauchisme" en tant que mouvement, soit de nature totalitaire.

  21. Notre discussion sur le "gauchisme" présente une sérieuse faiblesse. Ce que nous entendons par le mot "gauchiste" [entre guillemets dans le texte - N.D.T.] est loin d'être clair. Il ne semble pas que nous puissions y faire grand chose. Le "gauchisme" actuellement est fragmenté en une multitude de mouvement. De surcroît, tous les mouvements activistes ne sont pas "gauchistes", et certains d'entre eux (par exemple, les écologistes radicaux) semblent contenir un mélange de "gauchistes" et de non "gauchistes" qui auraient mieux à faire que de collaborer avec des "gauchistes". Certains types de "gauchistes" évoluent graduellement en non "gauchistes", et nous sommes parfois nous-mêmes incapables de dire si un certain individu est "gauchiste" ou non. Jusqu'à une définition meilleure, nous retiendrons celle qui a été élaborée tout au long de ce document, et nous ne pouvons que laisser le lecteur décider de ce qu'est un "gauchiste".

  22. Mais il sera utile de faire une liste de quelques critères pour diagnostiquer le "gauchisme". Ces critères ne peuvent pas être appliqués tels quels. Certaines personnes peuvent présenter certains de ces symptômes sans être "gauchistes" et vice-versa. De nouveau, il faut que vous en passiez par votre jugement personnel.

  23. Le "gauchiste" est attiré par le collectivisme sur une large échelle. Il insiste sur le devoir qu'a l'individu de servir la société et le devoir qu'a la société de prendre soin de l'individu. Il se méfie de l'individualisme. Il prend souvent un ton moralisateur. Il a tendance à être pour le contrôle des armes, pour l'éducation sexuelle et pour toutes les autres méthodes d'épanouissement psychologique, pour la planification, pour le multiculturalisme, pour l'affirmative action. Il s'identifie aux victimes. Il s'oppose à la compétition et à la violence, mais trouvent souvent des excuses pour les "gauchistes" qui en usent. Il adore utiliser les phrases-clichés de la gauche comme "racisme", "sexisme", "homophobie", "capitalisme", "impérialisme", "néocolonialisme", "génocide", "changement social", "justice sociale", "responsabilité sociale", etc ... Peut-être ce qui peut le mieux caractériser le "gauchiste" est sa tendance à sympathiser avec les mouvements suivants : le féminisme, le mouvement gay, le droit des minorités, des handicapés, des animaux, et la political correctness. Quiconque est en accord avec TOUS ces mouvements est presque à coup sur un "gauchiste" [36] .

  24. Les "gauchistes" les plus dangereux, c.a.d ceux qui sont le plus avides de pouvoir, se caractérisent souvent par l'arrogance et une approche dogmatique de l'idéologie. Toutefois, les plus dangereux de tous, sont certains sur-socialisés qui évitent les manifestations d'agressivité et de montrer leurs orientations, mais qui oeuvrent tranquillement et sans bruit à promouvoir des valeurs collectivistes, des techniques d'épanouissement psychologique pour socialiser les enfants, accentuer la dépendance de l'individu vis a vis du système, et ainsi de suite. Ces "crytpo-gauchistes" (ainsi que nous les nommerons) sont proches du bourgeois du point de vue de l'action pratique, mais en diffèrent beaucoup du point de vue psychologique et idéologique. Le bourgeois essaie de faire en sorte que les gens restent sous le contrôle du système pour préserver son train de vie ou simplement par pur conformisme. le "crypto-gauchiste" essaie de faire de même parce que c'est un fanatique (True Believer) d'une idéologie collectiviste. Le "crypto-gauchiste" se différencie du "gauchiste" sur-socialisé moyen par sa tendance à la rébellion plus faible et sa meilleure intégration sociale. Il se différencie du bourgeois moyen parce qu'en lui, il y a quelque faille profonde qui l'oblige à se dévouer corps et âme à une cause et à s'immerger dans une collectivité. Et peut-être, cette recherche de pouvoir (très sublimé) est-elle plus forte que celle du bourgeois moyen.

    NOTE FINALE

  25. Tout au long de ce document, nous avons fait des affirmations imprécises et d'autres qui nécessiteraient de plus amples développements. D'autres enfin peuvent s'avérer carrément fausses. Le manque d'informations suffisantes, et le souci de brièveté nous ont empêché de remédier à cet état de fait. Et, évidemment, dans une discussion de cette sorte, il a été fait appel à des données intuitives, qui peuvent être inexactes. En vertu de quoi, nous signalons que ce document décrit une approximation grossière plutôt que la vérité.

  26. De la même façon, nous sommes raisonnablement certains que le tableau que nous avons ébauché est globalement correct. Nous avons fait le portrait du "gauchisme" contemporain comme un phénomène lié à notre époque et à la dissolution du processus de pouvoir. Mais peut-être nous sommes nous trompés. Les gens sur-socialisés qui essaient de satisfaire leur besoin de pouvoir en imposant leurs vues aux autres existent certainement depuis un certain temps. Mais nous PENSONS que le rôle décisif joué par le sentiment d'infériorité, la faible estime de soi, le manque de pouvoir, l'identification aux victimes par des gens qui n'en sont pas, est particulier au "gauchisme" moderne. L'identification aux victimes peut-être perçue dans la gauche du 19ème siècle et le christianisme primitif, mais autant que nous le sachions, les sentiments de dévalorisation, etc ... n'étaient pas aussi flagrants dans ces mouvements, ou dans n'importe quel mouvement, qu'ils ne le sont dans le "gauchisme" moderne. Mais nous ne sommes pas en position d'affirmer que de tels mouvements n'ont pas existé dans le passé. C'est une importante question sur laquelle les historiens devraient se pencher.


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