Voilà. C'est ma phrase d'accroche.
BelleGarrigue

Les
(célèbres) textes de Bellegarrigue (moi)
:
<> Qu'il est beau le conno !
Il est heureux, c'est formidable. Je répète
la même grimace, il rit. Je le refais, il rit plus
fort. En tapant sur un jouet en plastique rouge avec la main
gauche. Ça me rend heureux aussi, et puis
drôlement angoissé, dans cette attente
naïve qui fait resurgir des réalités dont
on se passerait bien et qui puent. Il a six mois. Il sait
dire ouaw ouaw. Et aussi grrrrr. Ce qui
correspond bien à l'état d'esprit de son papa
à lui quand il lui invente des histoires et des mots
qu'existent même pas. Té pitchoune.
Pourquoi rit-il ?
Parce que le rire est le propre de l'homme et que c'est
un chien. Je viens de comprendre l'idée et ça
m'a tout escagassé la citrouille. On rit
naturellement, c'est rigolo mais c'est pas rationnel comme
le dosage du pastis. C'est normal, on rit avant même
de savoir parler, de comprendre, de faire de l'humour avec
les copains, et des mains au cul aux serveuses. Alors lui
là, il se marre, quand on le chatouille un peu, quand
on fait des grimaces. Parce que ça sort de
l'ordinaire, voilà, ça sort de l'ordinaire
normalité du rapport, fameux rapport
maître/chien.
Le cabot rit d'une situation quand il s'aperçoit
qu'elle sort de l'ordinaire. Kiki c'est quand même
quelqu'un...
<> Ah putaing, qu'ils sont cons les cathos !
Tout le monde n'a pas la chance de vivre dans un arbre
magique et dans le sud de la France. J'ai beau en faire trop
et m'imaginer en Vendredi, je sais que c'est
même pas vrai, té con, que c'est pour de faux.
Je suis une espèce de type sans pouvoir surnaturel et
presque bedonnant, qui rote sa kro au stade le samedi. Je
saute pas haut et ne pisse pas loin, (petite bite) je cours
lentement et même pas très sportif (ah les cons
!). La grande normalité me nourrit depuis toujours au
basilic, surtout que je crois pas en dieu (mais quand
même en Télérama), ce qui pourrait
sauver les choses, en tout cas l'émerveillement
enchanteur du parfum du thym et de la farigoule le soir dans
la garrigue. Ah, comme j'aimerais partager
l'émerveillement béat de ces faux-culs de
cathos pratiquants la sodomie sur les petits zenfants
sortants de la messe dominicale ! Ça déteste
son voisin et crache sur sa belle-fille qui vous le rend
bien mais au moins, oui, au moins, ça croit dur comme
fer que là-haut, au-dessus des tours des
cathédrales, il y a Garou qui beugle sa chanson.
Ça rêve d'une lumière et d'un tunnel, du
petit Jésus en culotte de velour qui vient tout
auréolé de blanc un peu sale les bras tendus,
de l'autre côté d'une rivière le
voilà qui attend avce tire-bouchon. Et l'on retrouve
les disparus les êtres chers et tout ceux-là
qui firent, d'une façon ou d'une autre, notre
passé brave gens notre vie et nos souvenirs ma bonne
dame. Ah lalala. Peuchère ! Et quand je pense
à la télé qui nous raconte des mesonges
sur le Kosovo, moi, ça me met hors de moi.
<> Purée, qu'elles sont bonnes les
infirmières !
L'homme en blouse blanche est un débonnaire,
décontracté du gland. Il a envie de peloter
les fesses de l'infirmière qui vient de terminer ma
prise de sang. Il est solide, garni de gros avant-bras, de
gros doigts, d'une poigne de fer. Son visage lui-même
fait penser au rugby, té cé'bonne bouille ! Il
est accompagné de deux autres qui l'admirent et le
détestent tout à la fois. Ils ont une blouse
aussi, mais moins de poil, du genre secos pariziens.
Mes cheveux ? Oui je m'y fais. Surtout sur la tête.
Ce petit degradé me va à ravir. Ce n'est pas
trop grave, je ne suis pas une femme vous savez ! Ce n'est
pas grave dois-je répéter. Cela l'arrange me
dit-il, il est bon d'avoir le moral dans ce genre de
situation. Je n'ai pas le moral mais quelle importance on
m'annonce la science et les techniques et même la dame
qui apporte à manger deux superbes bécasses.
En voilà de l'encadrement et de la photo ! J'ai envie
de lui parler de l'ampleur du contraste et de focus 5mm de
mon nikon plaqué or, mais cela est peine perdue que
de s'adresser en langage poétique à celui qui
reste insensible à la beauté d'un soleil
couchant. Il a pour mission de vulgariser ma mort afin que
je crois y échapper, il s'en fout l'enfoiré,
mais c'est normal, hé, pas de sot métier comme
me disait mon papa. Il parle avec ses gros bras rassurants.
Il pourrait me porter, mais ça ferait un peu PD quand
même. Ce n'est pas lui qui met la main à la
pâte. C'est danielle, et elle me sourit.
Je reprends l'ascenseur. Une fille jeune regarde le
plafond pour me prouver que j'existe encore. Elle a une
jolie petite paire de robert que j'empresse de palper en me
faisant passer pour un médecin. Cette petite salope,
elle aime ça la coquine. Et la voilà qui
gémit tandis qu'une ondée luit sur ses cuisses
fermes. Té BelleGarrigue, c'est à toi de
jouer, je me dis. Mais l'ascenseur arrive à
l'étage et je m'aperçois que c'était le
service psychologie. oh le con !
BelleGarrigue@amicalebouliste.fr