Psycho-attak

Ripostes aux mensonges

de la cyber-élite

 

Sous le masque d'un pseudo paléo-consultant-et piètre essayiste- et gardien de la faxmoney, se déverse actuellement dans un canal officiel e-médiatique * la voix de la cyber-élite. Elle tente désespérément une pitoyable psycho-attak de level worm 2 en clamant : La nouvelle économie est par nature anticapitaliste.

Double feinte : organiser un flash-back, chrono-narrativité illusoire afin de se présenter comme se constituant et préparant la cyber-révolution. Derrière les platitudes tactiques toutes e-médiatiques, une ironie mortelle : la cyber-élite essaie pour son compte de présenter la contestation comme horizon indépassable déjà inclu, par une ruse de l'anti-datation, comme si elle en était l'origine volontaire et l'expression la plus aboutie.

Heureusement la FAAA veille, garde de l'avant anti-tekno, qui va pulvériser une à une les couches de la nécro-sonde réactionnaire, avant le neuraztenik class struggle. Le psycho-virus ne prend pas ! La FAAA sait elle aussi utiliser la chronogyre anti-data. Grâce à la parodiamétrie et puisant à travers les caches de la mémoire-tampon, la FAAA riposte jusque dans la régression du rêve téta, et la paléo-expressivité. Puissent tous les anarko-psychotiks nous suivre !



Les secousses boursières récentes représentent-elles un coup de frein au développement de la nouvelle économie ? Nous sommes dans une situation comparable à la ruée vers l'or. Certaines fortunes se font plus sur la ruée que sur l'or. Mais ça ne prouve pas qu'il n'y ait pas d'or. Il y aura des illusions et même des escroqueries, mais elles ne doivent pas masquer le potentiel de croissance gigantesque que représente cette vague sans précédent de progrès technique.

Développons la comparaison, avec une simple question : fait-on plus d’or en exploitant une concession où l’on espère découvrir le filon qui rendra riche (le cyber-mineur et ses pépites) ou en vendant le matériel et des concessions à tous les mineurs (noms de domaines) ? Reformulons : la fortune est-elle au bout de l'exploitation d'un minerai (e-concept), dont la valeur est conventionnelle (et nulle) ou dans la spéculation en bourse ? Croissance gigantesque, il va sans dire, et ne parlons pas des villes fantômes, quand l'or a disparu...

Premier mensonge : l'illusion et l'escroquerie sont dans l'attribution d'une valeur à cet or virtuel qu'est l'e-commerce qui détruit déjà le cyberespace. Il s'agit toujours d'exploiter les ressources, même virtuelles. Il s'agit encore du credo techno : Ove tenebraae (le progrès).

 

Aujourd'hui, les entreprises traditionnelles se réveillent et se convertissent massivement à l'Internet. Face à elles, les nouvelles entreprises, les start-up, peuvent-elles durer ? Aucune entreprise ne survivra si elle ne se transforme pas radicalement, si elle n'utilise pas l'Internet comme un réseau sanguin.

La métaphore est claire : le réseau est le système sanguin qui irrigue le corps de la cyber-élite. Il est bien question d'une lutte pour la survie. La sinistre mue est nécessaire. Elle a déjà eu lieu. Second mensonge.

 

Les entreprises traditionnelles sont en train de s'en rendre compte. Le réseau fera de plus en plus partie de leur fonctionnement normal, transformant le service qu'elles rendent, les forçant à se rapprocher de leur consommateurs, à devenir toutes des fabricants sur mesure.

Comme Pizza-chez-toi.com : choisis les ingrédients on line...Grandissimo ! Sur mesure, le réseau doit épouser également les corps du (cyber)-prolétariat, intégrer et réguler ses désirs en les anticipant, réduisant toute conscience à son plus bas niveau : l'appétit, pour un acte unique : la consommation. Service, non, Asservissement.

 

Mais ces mutations prennent évidemment du temps: quand, à la fin du XIXe siècle, il fut question de savoir s'il fallait utiliser le téléphone dans les entreprises, on s'est aperçu qu'il ne suffisait pas de l'installer pour que les gens communiquent. Le constat est le même, aujourd'hui, avec l'Internet. Certaines entreprises anciennes ne sauront pas prendre le virage et disparaîtront.

Il faut bien négocier les virages pour ne pas rater les tournants, comme disait le moniteur de l’auto-école. Et les vieux et les faibles crèvent, parce qu’ils sont mal adaptés. C’est un fait de nature et c’est normal, comme gargarisent les laquais. Platitude médiatique en vue de présenter le consensus comme évidence ; technique de l'implant.

 

A l'inverse, de nouvelles entreprises réussiront mieux parce qu'elles n'ont pas tout le poids du passé à déplacer avec elles. Elles deviendront en peu de temps des entreprises installées.

Oui, le passé c'est cyber-chiant, le poids de l’histoire qui handicape, la mémoire qui radote. Quatrième mensonge. Une fois réduite à la consommation, qu'importe en effet la mémoire ? C'est un stade dépassé de conscience, un archaïsme perturbateur. La FAAA est la conscience toujours actuelle du réseau.

 

Certaines ont même déjà réussi à créer en moins de cinq ans des marques aussi mondialement connues que d'autres qui ont mis des décennies à se faire connaître.

Accélération et concentration propres à la cybersphère une fois encore saluées par la cyber-élite. Plus de temporalité, plus d'incarnation : l'immédiateté régressive nécessaire à la domination totale. Fascination technoïde pour l'efficacité hors de toute finalité.

 

Certains patrons, comme Bertrand Collomb des Ciments Lafarge, font état de leur nostalgie pour l'économie traditionnelle. Bertrand Collomb est trop intelligent pour penser ainsi. Mais d'autres retrouvent dans cette attitude frileuse la vieille fascination pour les valeurs sûres: «la terre ne ment pas».

Ah ! la frilosité et la vieille fascination fasciste de la France moisie ™, des vieilles valeurs archaïques...Forcément des nostalgiques de Vichy, désespérément accrochés à la contre-révolution nationale du maréchal Pétain...Mais les entrepreneurs sont intelligents, même beaucoup trop intelligents pour collaborer avec l’ordre noir...

 

Pourquoi ces résistances en France ? La nouvelle économie est par définition précaire, fluide, flexible, nomade. La France est une nation attachée à la sédentarité. Tout ce qui est nomade y est considéré comme dangereux.

La France est une vieille nation, lourde, donc à cause du poids de l’histoire, elle n’aime pas les nomades, i.e. les apatrides. Conclusion : le technophobe est un nationaliste (ultra). Et le critique de la nouvelle économie est nécessairement un antisémite. CQFD. D'ailleurs le web est rempli de sites néo-nazis. Et vive la précarité et la flexibilité (pour le cyber-prolétariat).

 

De plus, l'Internet représente une menace pour ceux qui savent et qui décident. Parce qu'il donne accès au savoir autrement que par le cursus hiérarchique.

Complication : feinte d'être hors du rapport de domination. La perception de danger est validée ! La crispation réactionnaire est-elle ou non un pur délire ? Accès au savoir ? Parce que je peux consulter une encyclopédie en ligne sur la physique, j’ai automatiquement un doctorat en physique ? Non, sérieusement...à moins peut-être que ce soit le nouveau contenu de l’enseignement : apprenez à surfer.

Distinguons l’accès à l’information (réception), la compréhension de l’information (traitement), la valeur sociale de la formation (prix du diplôme sur le marché). A moins qu’il ne s’agisse d’accéder enfin à tout ce que nous cachent les vilains qu’ont le savoir & le pouvoir, dans une transparence parfaite ? Retournement et utilisation par la cyber-élite de l'utopie de la communication et de la thématique capitalo-libertaire (absence de hiérarchie qui limite).

 

Parce que le pouvoir y appartient à ceux qui appartiennent (à des réseaux) et pas à ceux qui possèdent (des rentes). On a observé les mêmes résistances lors de l'invention de l'imprimerie ou du téléphone.

Subversion. Les réseaux sont en effet à tout le monde. Le Net a aboli la propriété privée, et il n’y a aucun procès pour faire respecter les droits des marques. Et même, les internautes français ont plus de pouvoir que le PDG d’AOL ™ ! Où va la faxmoney ™ ? Qui en a le monopole ? Qui accumule ? Mensonge n+1 : la disparité flagrante dans l'accumulation du capital.

Le Réseau est en train de devenir la propriété sub-totale des rentiers. Le flot de la marchandise engloutit le cyberespace. Ceux qui résistent (aux implants), sont des nuisibles à formater. La cyber-élite contrôle déjà les formes périmées de la paléo-expressivité médiatique (imprimerie + téléphone).

 

On parle beaucoup de nouvelle économie, peu de nouvelle politique ou de nouvelle société. Après les grandes tragédies du XXe siècle, tout le monde est échaudé par les grands projets de société. L'utopie est devenue un mot négatif, une insulte même.

Parlons en pour dire qu'on en parle, ainsi on pourra dire qu'on en parle... N'interrogeons pas les conditions de la censure. Présentons la disparition du politique par les tragédies historiques, dans lesquelles bien sûr n'interviennent pas les enjeux économiques. Qui dévalorise l'utopie ? Les révolutionnaires de pacotille vendus à l'Adversaire, qui monopolisent les postes économiques, politiques, médiatiques. Les larbins de la cyber-élite !

 

Mais la nouvelle politique viendra, avec les bouleversements du savoir. Il faudra radicalement repenser la droite et la gauche. Pour l'instant, l'Internet est encore considéré comme un gadget par les hommes politiques. Cela changera, sous la pression des utilisateurs de ces nouveaux médias, qui verront vite quel usage ils peuvent en exiger.

Le danger est vu. Le cyber-prolétariat en acte pour sa libération. Il n'y a pas ici un appel quelconque à un changement de fait souhaité mais la prise en compte d'une possibilité à éviter. Ce qui apparaît tout de suite :

 

Par exemple, je pense que les candidats à la prochaine élection présidentielle seront contraints d'inclure dans leur programme des propositions radicales de réforme de l'Etat telle la nécessité, pour tout fonctionnaire, de posséder une adresse e-mail identifiable et publique et l'obligation de répondre dans les vingt-quatre heures aux questions posées par les administrés.

Wow ! C'est la cyber-révolution ! Call SVP et ton appel aura une réponse ; promis, juré... Illusion de l'e-democratie spectaculaire. L'interactivité c'est voter (ou parier au PMU) avec ta télécommande ! Comme tout bon service-client, le cyber-élu a une hot-line et un e-mail ! Ridicule achevé et voulu du paléo-conseiller : je pense qu'il faut faire comme font les USA, à terme.

Ce que la FAAA exige c'est la liberté de parole pour le cyber-prolétariat ; pas le chat sur AOL à propos de l'e-divertissement, sa revue de cyber-presse dans son e-mail, ni le catalogue de la cyber-consommation.

 

Verra-t-on émerger un nouveau type d'immigration propre à la nouvelle économie ? Oui, une immigration virtuelle. Il existe déjà une demande incroyable pour des universités en ligne dans les pays du Sud ou pour des transferts de services administratifs du Nord vers le Sud. Et bientôt, tous ceux qui auront un diplôme, qui maîtriseront l'anglais, l'espagnol ou le français, seront en mesure de travailler à distance pour des entreprises ou des Etats du Nord. Cela constituera, pour les pays du Sud dont la langue maternelle est l'une des trois langues dominantes du Nord, un moteur de développement.

Et un appauvrissement symétrique au Nord, pour les diplômés autochtones trop chers, donc moins compétitifs... La capitalisme n'a pas attendu la révolution numérique pour délocaliser ses activités, et exploiter à moindre coût le Sud afin de maximiser ses profits. C'est déjà le cas pour la bureautique administrative (comptabilité, gestion des fichiers, éditions, etc.).

Ami cadre, bienvenu dans le Cyber-prolétariat ! Mais rassure toi, les amis de la cyber-élite seront professeurs d'universités (ration 1 pour 100 000 étudiants ?). Même si nous avons dit que le Réseau signifiait un accès pour tous au savoir sans hiérarchie et rentiers...

 

Comment évoluera le débat sur cette question ? Même les pires xénophobes finiront par regretter l'immigration traditionnelle. Ils trouveront que l'immigration virtuelle a toutes les caractéristiques de l'immigration ancienne, sinon que les immigrés virtuels ne consomment pas et ne paient pas d'impôt.

Ce sera pire donc, mais ne soyons pas xenophobes pour autant. Et même, pas de regrets, lançons un slogan : cyber-prolétaires de tous les pays, unissez vous ! Voici qui est très peu nationaliste.

 

Quelle politique adopter face à la création de richesses liée à la nouvelle économie ? C'est un domaine où la droite et la gauche devront, sous le poids des faits, repenser totalement leur doctrine. L'une et l'autre favorisent aujourd'hui les richesses transmises, et se méfient des richesses créées. Aujourd'hui, on taxe plus sévèrement les richesses créées par du travail, sous forme de revenus ou de plus-values de titres (les stock-options) que les richesses transmises (les droits de succession). On freine ainsi le renouvellement des élites, on n'encourage ni la création ni la prise de risque. Encore un signe d'une société restée sédentaire dans un monde devenu nomade. Ce devrait être l'inverse. Il faudrait que la fiscalité favorise le mouvement plus que la conservation, que l'éducation favorise le réseau plus que la hiérarchie, etc. Il y a là tout un programme à décliner.

Le programme de la cyber-élite donc. Examinons la paléo-rhétorique. Opposition néolibérale entre l'ancien et le nouveau, le fameux "Aujourd'hui". La sédentarité est nuisible, accélérons le nomadisme virtuel. Quel monde, imam Horlog ? Au profit de qui ? Le cyberespace propriété de la cyber-élite ? A renouveler bien sûr, un peu de sang neuf pour dynamiser l'ensemble.

Ne lutte pas ami prolétaire, rejoins les rangs du prestigieux Corps des Cyborgs (CC) qui iront porter la bonne parole dans les systèmes coloniaux et affronteront les cyber-émeutes !

 

La nouvelle économie est-elle libérale par essence? Est-elle de droite ? Il y a, dans la nouvelle économie, des dimensions qui peuvent apparaître comme de droite. Par exemple: l'exacerbation de la suppression des frontières, la mondialisation de secteurs comme l'éducation, la santé ou la justice; la prééminence du droit anglo-saxon, qui favorise la liberté d'expression et les règlements contractuels, par rapport au droit romain, qui donne plus de poids à la protection de l'individu contre la diffamation. Enfin, et surtout, le fait que la nouvelle économie creuse les inégalités entre le Nord et le Sud, parce que le Sud n'y a pas accès.

Des dimensions peuvent apparaître comme, ça c'est sûr. Mais à ce niveau, ce sont des traits distinctifs, et bien les caractères de la cyber-élite ! Notons que l'inégalité c'est : ne pas être connecté (avoir accès), c'est à dire contrôlé par la cyber-élite, et non être exploité par. Normal, le Réseau c'est l'absence de rentiers et de rapports hiérarchiques...

 

Peut-on dire que la nouvelle économie exacerbe le capitalisme, l'économie de marché ? Avec l'Internet, le monde est poussé vers la réalisation de l'utopie d'un marché pur et parfait. C'est la mise en pratique de la théorie libérale de Hayek, à l'échelle du monde. Mais, par d'autres aspects, la nouvelle économie est aussi anticapitaliste. Ainsi, le grand moteur de l'économie de marché classique, c'est la transmission physique des biens et la valorisation de la rareté: (si je vends un bien, je ne l'ai plus).

Ah, ah, ah ! Et les services ? Et la production industrielle des biens de consommation ? Qu'il est triste General Motor ™ quand il vend une voiture, il ne l'a plus ! Qu'il est content le paysan qui garde toute sa production dont le marché ne veut pas, il la garde !

L'économie de la pénurie ne fait pas la richesse des spéculateurs. Et l'industrie de l'ersatz ? Grâce à la nouvelle économie, la spéculation a été éradiquée. C'est la réalisation de l'utopie d'un marché pur et parfait. Voilà les vrais utopistes à écouter (et à réhabiliter) : Hayek ™ !

 

Alors que, dans la nouvelle économie au contraire, si je donne un bien (une information, un logiciel, une création musicale), ou si je le vends, je l'ai encore.

Don = vente = partage = mise en commun. C'est bien, on peut vendre plusieurs fois le même produit. Le capitalisme n'y a jamais pensé avant. Subversion : la vente de produits virtuels = la gratuité des échanges virtuels. Conclusion : l'économie immatérielle est la fin du capitalisme ! Stockez les mp3 !

 

De même, alors que, dans l'ancienne économie, personne n'a intérêt à ce que les autres aient la même chose que soi, dans la nouvelle, chacun a intérêt à ce qu'un maximum d'autres soient branchés sur le même réseau, chaque possesseur d'un téléphone a intérêt à ce qu'un maximum de gens soient connectés.

Il est vrai que la production industrielle n'est pas standardisée et que le marketing ne vante en aucune manière l'identité individuelle à travers des produits de masse. Intel ™ m'a fait un processeur rien que pour moi, et Microsoft ™ un OS uniquement pour moi. Et puis les anciens opérateurs téléphoniques ne fabriquaient que des talkies-walkies. De même, les Romains n'édifiaient que des sentiers privatifs...Il est bien évident que les actuels opérateurs téléphoniques ne songent à construire des réseaux qu'en vue de l'intérêt du client, pour un service performant, et non en vue de leur intérêt ; ne soyons pas mesquins. D'ailleurs les clients ne sont pas valorisés, et il n'y a aucune concurrence, captation de marché, rachat d'abonné, etc. Les promoteurs des autoroutes de l'information sont animés du même souci désintéressé de communication gratuite entre les hommes.

 

Autrement dit, chacun a intérêt à voir l'autre réussir.

Nestcape ™ prie tous les jours pour qu'Explorer ™ ait le monopole. Microsoft ™ brûle des cierges pour que Linux détrône Windows ™, etc.

 

C'est donc par nature une économie anticapitaliste, qui produit de l'abondance et de la solidarité, de l'universalisme, de la transparence.

Toutes les e-sociétés communiquent dans la transparence sur le montant des fusions-acquisitions, affichent clairement leurs pertes, etc. De même Microsoft ™ ne songe aucunement au monopole d'un standard quelconque, et communique avec force sur ses méthodes commerciales.

 

Elle permet de satisfaire la demande croissante de reconstitution de tribus nouvelles pour remplacer les familles disparues.

Chic les triboos-kikoo ! C'est vrai, la famille c'est pétainiste.

 

On ne peut y recréer de la rareté, de la verticalité, de l'obscurité qu'en instaurant des brevets, des droits d'auteur ou des mécanismes de cryptage.

C'est pourquoi la cyber-élite combat activement de tels projets obscurantistes, comme on peut le constater effectivement !

 

Comment la gauche devrait-elle répondre à l'irruption de la nouvelle économie ? En l'acceptant comme une chance, une occasion de redistribuer richesses, savoir, pouvoir et surtout droit de créer.

Ah oui, c'est vrai, la gauche c'est la liberté d'entreprendre. Bon pour la redistribution, on attendra un peu, comme une chance à venir au Loto.

 

Lorsque Gutenberg a inventé l'imprimerie, on s'est inquiété de l'emploi des copistes. Il faut dépasser ce type de réflexe. La réaction primaire de certains à gauche a été d'être contre la nouvelle économie, sans voir qu'on n'arrête pas un fleuve avec une planche. Il faut, comme au judo, utiliser la force de l'adversaire pour gagner, faire du problème sa solution, plutôt que se crisper. Cela veut dire accueillir la nouvelle économie comme une bonne nouvelle, encourager la formation de ces nouvelles richesses, tout en les répartissant mieux, en donnant accès à tous à ce nouveau savoir, à cette nouvelle source de création.

Dépassons les réactions primaires et les réflexes reptiliens, grâce au judo. La nouvelle économie c'est naturel comme un fleuve. Quand le sage montre le fleuve, l'imbécile essaie de l'arrêter avec une planche. Non ! Il faut devenir évangéliste (propager la bonne nouvelle) du marché (naturel) et parler de "répartir les richesses", "accès à tous". Comme ça, les imbéciles ne font pas barrage. C'est de l'aïkido, la voie de la paix sociale...

 

L'Etat a-t-il encore sa place dans le marché pur et parfait que vous décrivez ? L'Etat national n'a plus sa place.

L'heure est à la cyber-élite, donc l'Etat n'a plus sa place, voyons !

 

Nous connaissons déjà un exemple de ce qui pourrait arriver: la Somalie. Des bandes tribales s'affrontent sans aucun pouvoir pour les séparer.

II y a trop d'Etat en Somalie, c'est pour cela que des bandes tribales pas kikoo s'affrontent. Et puis, au lieu de vendre des armes et de piller les ressources naturelles, vendons des micros, des cours de fac et exploitons le cyber-prolétariat local.

 

Mais, tout autrement, c'est en train de devenir le cas en France: nous n'avons pas encore d'Etat européen et déjà nous n'avons presque plus d'Etat français. Aussi, dans la mondialisation, la France est une proie, pas un chasseur. Ses entreprises sont contrôlées majoritairement par des propriétaires extérieurs. L'Etat ne peut rien leur dicter, sinon ils s'en iront. Nous avons créé les instruments de notre propre chantage.

Subversion : appropriation du discours contestataire pour en dévier le diagnoctic. La mondialisation ™ détruit l'Etat-nation, par le jeu de l'économie libérale qui dépèce la proie. On peut pas dicter (par exemple taxer les capitaux spéculatifs), sinon elle cesserait de nous exploiter en s'en allant. Comme si collectivement, nous avions plus à perde que la cyber-élite ! Bein oui, la spéculation profite à tous, par redistribution ? Que dirait le cyber-prolétariat si la cyber-élite arrêtait sa domination ! Le Rmiste qui a moult actions, serait désespéré si les fonds spéculatifs investissaient ailleurs, car ses profits diminueraient, et ses stock-options lui rapporteraient uniquement du PQ.

Il pourrait certes se délocaliser fiscalement comme un vulgaire entrepreneur patriote, mais le nomadisme de la précarité lui est refusé. Les Etats collectivement ne peuvent rien non plus, même pas prohiber les paradis fiscaux, puisque NOUS avons crée les instruments de notre propre chantage. Le cyber-prolétariat n'a que ce qu'il mérite, puisqu'il l'a voulu ! C'est lui qui a voté l'ouverture et la circulation des capitaux, voyons !

 

Nous entrons dans une période de nouveau Moyen Age. Nous vivons en ce moment la période flamboyante de la fin de l'empire. L'empire américain, plus puissant que jamais, ne voit pas qu'il est peut-être en train d'être dépassé par sa propre toute-puissance. Wall Street ne tient plus la Bourse. Les Etats-Unis ne peuvent mettre de l'ordre dans toutes les banlieues de l'univers.

Il n'y a pas d'agences gouvernementales (CIA, FBI, NSA) aux ordres de la cyber-élite. Aucun citoyen américain hactiviste n'est considéré comme un cyber-criminel. La preuve : les USA ne peuvent jouer les gendarmes du monde ! Et ils ne peuvent imposer le libéralisme par des organismes (FMI, OMC).

 

Se constituent des îlots d'abondance, comme ce fut le cas en Europe, dans la période de déclin de l'Empire romain entre le IIIe et le XIe siècle. Des hordes sauvages regroupant tous ceux qui ne sont pas les privilégiés du système se constituent.

Ami des réseaux, apprend à reconnaître un cyber-prolétaire : il vit en horde sauvage !

 

Ce Moyen Age bunkérisé est déjà là: ce sont les guerres locales, les banlieues qui s'isolent, les riches qui s'isolent, les touristes qui se font prendre en otage.

Les banlieues s'isolent des riches, car une telle promiscuité est intolérable. Le riche veut manger plusieurs fois par jour et ne pas travailler. On ne le répétera jamais assez : il y a des riches de confort.

 

Comment éviter cette apocalypse ? Le seul moyen cohérent serait la constitution d'un gouvernement mondial disposant des instruments de régulation sociale du marché au niveau planétaire. Un gouvernement disposant des moyens, à l'échelle de la planète, dont dispose le gouvernement américain ou la Commission européenne pour superviser les opérations de fusion et anticiper leur impact sur l'écologie, la création d'emplois, les avancées démocratiques.

Ah, ah , ah ! Le gouvernement mondial ™ signe de la venue de l'Adversaire, d'après la révélation (apocalypse). Pour contrer le nomadisme, un excès de sédentarisation ? Comme si le changement d'échelle changeait la finalité de la cyber-élite ! La paléo-représentativité politique est (aux ordres) la cyber-élite ! C'est plutôt un besoin de contrôle mondial du cyber-prolétariat. La techno-structure n'a pas à être néolibérale, elle l'est déjà !

 

L'évolution du procès Microsoft montre qu'un gouvernement peut obtenir la sanction d'une entreprise qui abuse de son monopole.

Il ne faut pas abuser du monopole voyant (bien qu'il soit le résultat nécessaire de la concentration capitaliste), et plutôt maintenir une diversité de façade ainsi qu'une présence symbolique de paléo-gouvernement. C'est à dire empêcher le cyber-prolétariat de prendre conscience de lui-même !

 

Que resterait-il aux Etats nationaux ? Tout ce qui permet la fabrique sociale: la défense, la police, l'éducation, la culture et les moyens d'assurer l'égalité des citoyens devant les risques.

Les miettes non productives et rentables à court terme. Les moyens d'assurer l'égalité sans aucun moyen.

 

Comment vivront les gens dans ce nouveau Moyen Age ? La population mondiale évoluera vers trois catégories. Au sommet de la pyramide, on trouve les «hypernomades», capables d'utiliser librement et sans intervention étatique les technologies pour créer et manipuler l'information, les seuls à voyager physiquement sans cesse d'un continent à l'autre. Ils sont 200 à 300 millions. Au bas de la pyramide, les exclus: exclus de la société et des technologies, les «infranomades», qui ne voyagent que de quelques kilomètres, pour trouver de quoi manger. Dans trente ans, ils seront quelque 4 milliards, sur 9 milliards d'être humains. Et au milieu, une classe moyenne qui vivra par procuration, dans le virtuel, dans des distractions exacerbées par les nouvelles technologies, pour ne pas penser, ne pas se révolter, «nomades virtuels». C'est pour cette raison que le secteur des loisirs, de l'entertainment, prend une importance aussi considérable.

Oui c'est pour cette raison qu'il faut combattre activement l'entertainment, cher Imam horlog rejoins la FAAA ! Ah, non ? Il faut protéger la cyber-élite, grâce à son règne (de gauche) sans partage ?

 

Vous pensez donc que la moitié de la population vivra par le réseau, dans le réseau ? Oui, le virtuel deviendra la norme de la classe moyenne, et le réel le signe du luxe. Mais c'est déjà très largement le cas.

Et oui cher Imam Horlog, la guerre a déjà eu lieu. Bien aimable de le reconnaître.

 

Cet équilibre est-il tenable ? Non, les nouvelles technologies sont un piège pour les riches. Elles sont révolutionnaires. Parce qu'elles créent une transparence et une proximité, qui rendra, je l'espère en tout cas, les inégalités plus insupportables, parce que plus fortes et plus visibles. Dans le village global, on ne peut pas édifier de murs pour cacher définitivement la pauvreté. Les riches essaieront de tenir les pauvres à distance par la distraction. Mais les pauvres s'uniront, avec ou sans l'aide de riches, et ils viendront prendre leur part du formidable festin qui s'annonce. La distraction n'a jamais empêché la révolution.

Encore moins les psycho-attaks, grâce à la FAAA. Réserve Nous une place au festin, Nous sommes 4 milliards, Nous arrivons sans invitation, Nous sommes le cyber-prolétariat !

 

 FAAA

 * http://www.liberation.fr/multi/neweconomy/20000505venzf.html


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