Psycho-attak
Ripostes aux
mensonges
de la
cyber-élite
Sous le masque d'un pseudo
paléo-consultant-et piètre essayiste- et
gardien de la faxmoney, se déverse actuellement dans
un canal officiel e-médiatique * la voix de la cyber-élite. Elle tente
désespérément une pitoyable
psycho-attak de level worm 2 en clamant : La nouvelle
économie est par nature
anticapitaliste.
Double
feinte : organiser un flash-back,
chrono-narrativité illusoire afin de se
présenter comme se constituant et préparant la
cyber-révolution. Derrière les platitudes
tactiques toutes e-médiatiques, une ironie mortelle : la cyber-élite essaie pour son compte de présenter la
contestation comme horizon indépassable
déjà inclu, par une ruse de l'anti-datation,
comme si elle en était l'origine volontaire et
l'expression la plus aboutie.
Heureusement la FAAA veille, garde de l'avant anti-tekno,
qui va pulvériser une à une les couches de la
nécro-sonde réactionnaire, avant le
neuraztenik class struggle. Le psycho-virus ne prend pas ! La
FAAA
sait elle aussi utiliser
la chronogyre anti-data. Grâce à la
parodiamétrie et puisant à travers les caches
de la mémoire-tampon, la FAAA riposte jusque dans la régression du
rêve téta, et la
paléo-expressivité. Puissent tous les
anarko-psychotiks nous suivre !
Les
secousses boursières récentes
représentent-elles un coup de frein au
développement de la nouvelle économie
? Nous sommes
dans une situation comparable à la ruée vers
l'or. Certaines fortunes se font plus sur la ruée que
sur l'or. Mais ça ne prouve pas qu'il n'y ait pas
d'or. Il y aura des illusions et même des
escroqueries, mais elles ne doivent pas masquer le potentiel
de croissance gigantesque que représente cette vague
sans précédent de progrès technique.
Développons la
comparaison, avec une simple question : fait-on plus d’or en
exploitant une concession où l’on espère
découvrir le filon qui rendra riche (le cyber-mineur
et ses pépites) ou en vendant le matériel et
des concessions à tous les mineurs (noms de domaines)
? Reformulons : la fortune est-elle au bout de l'exploitation d'un
minerai (e-concept), dont la valeur est conventionnelle (et nulle)
ou dans la spéculation en bourse ? Croissance
gigantesque, il va sans dire, et ne parlons pas des villes
fantômes, quand l'or a disparu...
Premier mensonge :
l'illusion et l'escroquerie sont dans l'attribution d'une
valeur à cet or virtuel qu'est l'e-commerce qui détruit déjà le
cyberespace. Il s'agit toujours d'exploiter les ressources,
même virtuelles. Il s'agit encore du credo
techno : Ove tenebraae
(le
progrès).
Aujourd'hui, les entreprises traditionnelles
se réveillent et se convertissent massivement
à l'Internet. Face à elles, les nouvelles
entreprises, les start-up, peuvent-elles durer
? Aucune
entreprise ne survivra si elle ne se transforme pas
radicalement, si elle n'utilise pas l'Internet comme un
réseau sanguin.
La métaphore est
claire : le réseau est le système sanguin qui
irrigue le corps de la cyber-élite. Il est bien question d'une lutte pour la
survie. La sinistre
mue est
nécessaire. Elle a déjà eu lieu. Second
mensonge.
Les
entreprises traditionnelles sont en train de s'en rendre
compte. Le réseau fera de plus en plus partie de leur
fonctionnement normal, transformant le service qu'elles
rendent, les forçant à se rapprocher de leur
consommateurs, à devenir toutes des fabricants sur
mesure.
Comme Pizza-chez-toi.com :
choisis les ingrédients on line...Grandissimo ! Sur
mesure, le réseau doit épouser
également les corps du (cyber)-prolétariat, intégrer et réguler
ses désirs en les anticipant, réduisant toute
conscience à son plus bas niveau : l'appétit,
pour un acte unique : la consommation. Service, non,
Asservissement.
Mais ces mutations
prennent évidemment du temps: quand, à la fin
du XIXe siècle, il fut question de savoir s'il
fallait utiliser le téléphone dans les
entreprises, on s'est aperçu qu'il ne suffisait pas
de l'installer pour que les gens communiquent. Le constat
est le même, aujourd'hui, avec l'Internet. Certaines
entreprises anciennes ne sauront pas prendre le virage et
disparaîtront.
Il faut bien négocier
les virages pour ne pas rater les tournants, comme disait le
moniteur de l’auto-école. Et les vieux et les faibles
crèvent, parce qu’ils sont mal adaptés. C’est
un fait de nature et c’est normal, comme gargarisent les
laquais. Platitude médiatique en vue de
présenter le consensus comme évidence ;
technique de l'implant.
A
l'inverse, de nouvelles entreprises réussiront mieux
parce qu'elles n'ont pas tout le poids du passé
à déplacer avec elles. Elles deviendront en
peu de temps des entreprises installées.
Oui, le passé c'est
cyber-chiant, le poids de l’histoire qui handicape, la
mémoire qui radote. Quatrième mensonge. Une
fois réduite à la consommation, qu'importe en
effet la mémoire ? C'est un stade
dépassé de conscience, un archaïsme
perturbateur. La FAAA est
la conscience toujours actuelle du réseau.
Certaines ont
même déjà réussi à
créer en moins de cinq ans des marques aussi
mondialement connues que d'autres qui ont mis des
décennies à se faire connaître.
Accélération et concentration
propres à la cybersphère une fois encore
saluées par la cyber-élite. Plus de temporalité,
plus d'incarnation : l'immédiateté
régressive nécessaire à la domination
totale. Fascination technoïde pour l'efficacité
hors de toute finalité.
Certains patrons,
comme Bertrand Collomb des Ciments Lafarge, font état
de leur nostalgie pour l'économie
traditionnelle. Bertrand Collomb est trop intelligent pour
penser ainsi. Mais d'autres retrouvent dans cette attitude
frileuse la vieille fascination pour les valeurs
sûres: «la terre ne ment pas».
Ah ! la frilosité et
la vieille fascination fasciste de la France moisie ,
des vieilles valeurs archaïques...Forcément des
nostalgiques de Vichy, désespérément
accrochés à la contre-révolution
nationale du maréchal Pétain...Mais les
entrepreneurs sont intelligents, même beaucoup trop
intelligents pour collaborer avec l’ordre noir...
Pourquoi ces résistances en France
? La nouvelle
économie est par définition précaire,
fluide, flexible, nomade. La France est une nation
attachée à la sédentarité. Tout
ce qui est nomade y est considéré comme
dangereux.
La France est une vieille
nation, lourde, donc à cause du poids de l’histoire,
elle n’aime pas les nomades, i.e. les apatrides. Conclusion : le technophobe est un nationaliste (ultra). Et le critique de
la nouvelle économie est nécessairement un
antisémite. CQFD. D'ailleurs le web est rempli de
sites néo-nazis. Et vive la précarité
et la flexibilité (pour le cyber-prolétariat).
De plus, l'Internet
représente une menace pour ceux qui savent et qui
décident. Parce qu'il donne accès au savoir
autrement que par le cursus hiérarchique.
Complication
: feinte
d'être hors du rapport de domination. La perception de danger est
validée ! La crispation réactionnaire est-elle
ou non un pur délire ? Accès au savoir ? Parce
que je peux consulter une encyclopédie en ligne sur
la physique, j’ai automatiquement un doctorat en physique ?
Non, sérieusement...à moins peut-être
que ce soit le nouveau contenu de l’enseignement : apprenez
à surfer.
Distinguons l’accès
à l’information (réception), la
compréhension de l’information (traitement), la
valeur sociale de la formation (prix du diplôme sur le
marché). A moins qu’il ne s’agisse d’accéder
enfin à tout ce que nous cachent les vilains qu’ont
le savoir & le pouvoir, dans une transparence parfaite ?
Retournement et utilisation par la cyber-élite de l'utopie de la communication et
de la thématique capitalo-libertaire (absence de
hiérarchie qui limite).
Parce que
le pouvoir y appartient à ceux qui appartiennent
(à des réseaux) et pas à ceux qui
possèdent (des rentes). On a observé les
mêmes résistances lors de l'invention de
l'imprimerie ou du téléphone.
Subversion. Les réseaux sont en effet à
tout le monde. Le Net a aboli la propriété
privée, et il n’y a aucun procès pour faire
respecter les droits des marques. Et même, les
internautes français ont plus de pouvoir que le PDG
d’AOL ! Où va la faxmoney ? Qui en a le monopole ? Qui
accumule ? Mensonge n+1 : la disparité flagrante dans
l'accumulation du capital.
Le Réseau est en
train de devenir la propriété sub-totale des
rentiers. Le flot de la marchandise engloutit le
cyberespace. Ceux qui résistent (aux implants), sont
des nuisibles à formater. La cyber-élite contrôle déjà
les formes périmées de la
paléo-expressivité médiatique
(imprimerie + téléphone).
On parle
beaucoup de nouvelle économie, peu de nouvelle
politique ou de nouvelle société. Après
les grandes tragédies du XXe siècle, tout le
monde est échaudé par les grands projets de
société. L'utopie est devenue un mot
négatif, une insulte même.
Parlons en
pour dire qu'on en parle, ainsi on pourra dire qu'on en
parle... N'interrogeons pas les conditions de la censure.
Présentons la disparition du politique par les
tragédies historiques, dans lesquelles bien sûr
n'interviennent pas les enjeux économiques. Qui
dévalorise l'utopie ? Les révolutionnaires de
pacotille vendus à l'Adversaire, qui
monopolisent les postes économiques, politiques,
médiatiques. Les larbins de la cyber-élite !
Mais la nouvelle
politique viendra, avec les bouleversements du savoir. Il
faudra radicalement repenser la droite et la gauche. Pour
l'instant, l'Internet est encore considéré
comme un gadget par les hommes politiques. Cela changera,
sous la pression des utilisateurs de ces nouveaux
médias, qui verront vite quel usage ils peuvent en
exiger.
Le danger
est vu. Le cyber-prolétariat en acte pour sa
libération. Il n'y a pas ici un appel quelconque
à un changement de fait souhaité mais la prise
en compte d'une possibilité à éviter.
Ce qui apparaît tout de suite :
Par
exemple, je pense que les candidats à la prochaine
élection présidentielle seront contraints
d'inclure dans leur programme des propositions radicales de
réforme de l'Etat telle la nécessité,
pour tout fonctionnaire, de posséder une adresse
e-mail identifiable et publique et l'obligation de
répondre dans les vingt-quatre heures aux questions
posées par les administrés.
Wow ! C'est
la cyber-révolution ! Call SVP et ton
appel aura une réponse ; promis, juré...
Illusion de l'e-democratie spectaculaire.
L'interactivité c'est voter (ou parier au PMU) avec
ta télécommande ! Comme tout bon
service-client, le cyber-élu a une hot-line et un
e-mail ! Ridicule achevé et voulu du
paléo-conseiller : je pense qu'il faut faire comme
font les USA, à terme.
Ce que la
FAAA exige c'est la liberté de parole
pour le cyber-prolétariat ; pas le chat sur
AOL à propos de l'e-divertissement, sa revue de
cyber-presse dans son e-mail, ni le catalogue de
la
cyber-consommation.
Verra-t-on émerger un nouveau type
d'immigration propre à la nouvelle économie
? Oui, une
immigration virtuelle. Il existe déjà une
demande incroyable pour des universités en ligne dans
les pays du Sud ou pour des transferts de services
administratifs du Nord vers le Sud. Et bientôt, tous
ceux qui auront un diplôme, qui maîtriseront
l'anglais, l'espagnol ou le français, seront en
mesure de travailler à distance pour des entreprises
ou des Etats du Nord. Cela constituera, pour les pays du Sud
dont la langue maternelle est l'une des trois langues
dominantes du Nord, un moteur de développement.
Et un
appauvrissement symétrique au Nord, pour les
diplômés autochtones trop chers, donc moins
compétitifs... La capitalisme n'a pas attendu la
révolution numérique pour délocaliser
ses activités, et exploiter à moindre
coût le Sud afin de maximiser ses profits. C'est
déjà le cas pour la bureautique administrative
(comptabilité, gestion des fichiers, éditions,
etc.).
Ami cadre,
bienvenu dans le Cyber-prolétariat ! Mais rassure toi,
les amis de la cyber-élite seront professeurs
d'universités (ration 1 pour 100 000 étudiants
?). Même si nous avons dit que le Réseau
signifiait un accès pour tous au savoir sans
hiérarchie et rentiers...
Comment
évoluera le débat sur cette question ?
Même les
pires xénophobes finiront par regretter l'immigration
traditionnelle. Ils trouveront que l'immigration virtuelle a
toutes les caractéristiques de l'immigration
ancienne, sinon que les immigrés virtuels ne
consomment pas et ne paient pas d'impôt.
Ce sera pire
donc, mais ne soyons pas xenophobes pour autant. Et
même, pas de regrets, lançons un slogan :
cyber-prolétaires de tous les pays,
unissez vous ! Voici qui est très peu
nationaliste.
Quelle
politique adopter face à la création de
richesses liée à la nouvelle économie ?
C'est un
domaine où la droite et la gauche devront, sous le
poids des faits, repenser totalement leur doctrine. L'une et
l'autre favorisent aujourd'hui les richesses transmises, et
se méfient des richesses créées.
Aujourd'hui, on taxe plus sévèrement les
richesses créées par du travail, sous forme de
revenus ou de plus-values de titres (les stock-options) que
les richesses transmises (les droits de succession). On
freine ainsi le renouvellement des élites, on
n'encourage ni la création ni la prise de risque.
Encore un signe d'une société restée
sédentaire dans un monde devenu nomade. Ce devrait
être l'inverse. Il faudrait que la fiscalité
favorise le mouvement plus que la conservation, que
l'éducation favorise le réseau plus que la
hiérarchie, etc. Il y a là tout un programme
à décliner.
Le programme de la
cyber-élite donc. Examinons la
paléo-rhétorique. Opposition
néolibérale entre l'ancien et le nouveau, le
fameux "Aujourd'hui". La sédentarité est
nuisible, accélérons le nomadisme virtuel.
Quel monde, imam Horlog ? Au profit de qui ? Le cyberespace
propriété de la cyber-élite ? A renouveler bien sûr, un
peu de sang neuf pour dynamiser l'ensemble.
Ne lutte pas ami
prolétaire, rejoins les rangs du prestigieux Corps
des Cyborgs (CC) qui
iront porter la bonne parole dans les systèmes
coloniaux et affronteront les cyber-émeutes !
La
nouvelle économie est-elle libérale par
essence? Est-elle de droite ? Il y a, dans la nouvelle économie,
des dimensions qui peuvent apparaître comme de droite.
Par exemple: l'exacerbation de la suppression des
frontières, la mondialisation de secteurs comme
l'éducation, la santé ou la justice; la
prééminence du droit anglo-saxon, qui favorise
la liberté d'expression et les règlements
contractuels, par rapport au droit romain, qui donne plus de
poids à la protection de l'individu contre la
diffamation. Enfin, et surtout, le fait que la nouvelle
économie creuse les inégalités entre le
Nord et le Sud, parce que le Sud n'y a pas accès.
Des dimensions peuvent
apparaître comme, ça c'est sûr. Mais
à ce niveau, ce sont des traits distinctifs, et bien
les caractères de la cyber-élite ! Notons que
l'inégalité c'est : ne pas être
connecté (avoir accès), c'est à dire
contrôlé par la cyber-élite, et non être exploité
par. Normal, le Réseau c'est l'absence de rentiers et
de rapports hiérarchiques...
Peut-on
dire que la nouvelle économie exacerbe le
capitalisme, l'économie de marché
? Avec
l'Internet, le monde est poussé vers la
réalisation de l'utopie d'un marché pur et
parfait. C'est la mise en pratique de la théorie
libérale de Hayek, à l'échelle du
monde. Mais, par d'autres aspects, la nouvelle
économie est aussi anticapitaliste. Ainsi, le grand
moteur de l'économie de marché classique,
c'est la transmission physique des biens et la valorisation
de la rareté: (si je vends un bien, je ne l'ai
plus).
Ah, ah, ah !
Et les services ? Et la production industrielle des biens de
consommation ? Qu'il est triste General Motor quand
il vend une voiture, il ne l'a plus ! Qu'il est content le
paysan qui garde toute sa production dont le marché
ne veut pas, il la garde !
L'économie de la pénurie ne
fait pas la richesse des spéculateurs. Et l'industrie
de l'ersatz ? Grâce à la nouvelle
économie, la spéculation a été
éradiquée. C'est la réalisation de
l'utopie d'un marché pur et parfait. Voilà les
vrais utopistes à écouter (et à
réhabiliter) : Hayek !
Alors que, dans la
nouvelle économie au contraire, si je donne un bien
(une information, un logiciel, une création
musicale), ou si je le vends, je l'ai encore.
Don = vente
= partage = mise en commun. C'est bien, on peut vendre
plusieurs fois le même produit. Le capitalisme n'y a
jamais pensé avant. Subversion : la vente de
produits virtuels = la gratuité des échanges
virtuels. Conclusion : l'économie immatérielle
est la fin du capitalisme ! Stockez les mp3 !
De même, alors
que, dans l'ancienne économie, personne n'a
intérêt à ce que les autres aient la
même chose que soi, dans la nouvelle, chacun a
intérêt à ce qu'un maximum d'autres
soient branchés sur le même réseau,
chaque possesseur d'un téléphone a
intérêt à ce qu'un maximum de gens
soient connectés.
Il est vrai
que la production industrielle n'est pas standardisée
et que le marketing ne vante en aucune manière
l'identité individuelle à travers des produits
de masse. Intel m'a fait un processeur rien que pour
moi, et Microsoft un OS uniquement pour moi. Et puis
les anciens opérateurs téléphoniques ne
fabriquaient que des talkies-walkies. De même, les
Romains n'édifiaient que des sentiers privatifs...Il
est bien évident que les actuels opérateurs
téléphoniques ne songent à construire
des réseaux qu'en vue de l'intérêt du
client, pour un service performant, et non en vue de leur
intérêt ; ne soyons pas mesquins. D'ailleurs
les clients ne sont pas valorisés, et il n'y a aucune
concurrence, captation de marché, rachat
d'abonné, etc. Les promoteurs des autoroutes de
l'information sont animés du même souci
désintéressé de communication gratuite
entre les hommes.
Autrement dit, chacun
a intérêt à voir l'autre
réussir.
Nestcape
prie tous les jours pour qu'Explorer ait le
monopole. Microsoft brûle des cierges pour que
Linux détrône Windows , etc.
C'est donc par nature
une économie anticapitaliste, qui produit de
l'abondance et de la solidarité, de l'universalisme,
de la transparence.
Toutes les
e-sociétés communiquent dans la transparence
sur le montant des fusions-acquisitions, affichent
clairement leurs pertes, etc. De même Microsoft
ne songe aucunement au monopole d'un standard quelconque, et
communique avec force sur ses méthodes
commerciales.
Elle permet de
satisfaire la demande croissante de reconstitution de tribus
nouvelles pour remplacer les familles disparues.
Chic les
triboos-kikoo ! C'est vrai, la famille c'est
pétainiste.
On ne peut
y recréer de la rareté, de la
verticalité, de l'obscurité qu'en instaurant
des brevets, des droits d'auteur ou des mécanismes de
cryptage.
C'est pourquoi la
cyber-élite combat activement de tels projets
obscurantistes, comme on peut le constater effectivement
!
Comment
la gauche devrait-elle répondre à l'irruption
de la nouvelle économie ? En l'acceptant comme une
chance, une occasion de redistribuer richesses, savoir,
pouvoir et surtout droit de créer.
Ah oui,
c'est vrai, la gauche c'est la liberté
d'entreprendre. Bon pour la redistribution, on attendra un
peu, comme une chance à venir au Loto.
Lorsque Gutenberg a
inventé l'imprimerie, on s'est inquiété
de l'emploi des copistes. Il faut dépasser ce type de
réflexe. La réaction primaire de certains
à gauche a été d'être contre la
nouvelle économie, sans voir qu'on n'arrête pas
un fleuve avec une planche. Il faut, comme au judo, utiliser
la force de l'adversaire pour gagner, faire du
problème sa solution, plutôt que se crisper.
Cela veut dire accueillir la nouvelle économie comme
une bonne nouvelle, encourager la formation de ces nouvelles
richesses, tout en les répartissant mieux, en donnant
accès à tous à ce nouveau savoir,
à cette nouvelle source de création.
Dépassons les réactions
primaires et les réflexes reptiliens, grâce au
judo. La nouvelle économie c'est naturel comme un
fleuve. Quand le sage montre le fleuve, l'imbécile
essaie de l'arrêter avec une planche. Non ! Il faut
devenir évangéliste (propager la bonne
nouvelle) du marché (naturel) et parler de
"répartir les richesses", "accès à
tous". Comme ça, les imbéciles ne font pas
barrage. C'est de l'aïkido, la voie de la paix
sociale...
L'Etat
a-t-il encore sa place dans le marché pur et parfait
que vous décrivez ? L'Etat national n'a plus sa place.
L'heure est
à la cyber-élite, donc l'Etat n'a plus sa
place, voyons !
Nous connaissons
déjà un exemple de ce qui pourrait arriver: la
Somalie. Des bandes tribales s'affrontent sans aucun pouvoir
pour les séparer.
II y a trop
d'Etat en Somalie, c'est pour cela que des bandes tribales
pas kikoo s'affrontent. Et puis, au lieu de vendre des armes
et de piller les ressources naturelles, vendons des micros,
des cours de fac et exploitons le cyber-prolétariat local.
Mais, tout autrement,
c'est en train de devenir le cas en France: nous n'avons pas
encore d'Etat européen et déjà nous
n'avons presque plus d'Etat français. Aussi, dans la
mondialisation, la France est une proie, pas un chasseur.
Ses entreprises sont contrôlées majoritairement
par des propriétaires extérieurs. L'Etat ne
peut rien leur dicter, sinon ils s'en iront. Nous avons
créé les instruments de notre propre chantage.
Subversion : appropriation du discours
contestataire pour en dévier le diagnoctic. La
mondialisation détruit l'Etat-nation, par le
jeu de l'économie libérale qui
dépèce la proie. On peut pas dicter (par
exemple taxer les capitaux spéculatifs), sinon elle
cesserait de nous exploiter en s'en allant. Comme si
collectivement, nous avions plus à perde que la
cyber-élite ! Bein oui, la
spéculation profite à tous, par redistribution
? Que dirait le cyber-prolétariat si la cyber-élite arrêtait sa domination !
Le Rmiste qui a moult actions, serait
désespéré si les fonds
spéculatifs investissaient ailleurs, car ses profits
diminueraient, et ses stock-options lui rapporteraient
uniquement du PQ.
Il pourrait
certes se délocaliser fiscalement comme un vulgaire
entrepreneur patriote, mais le nomadisme de la
précarité lui est refusé. Les Etats
collectivement ne peuvent rien non plus, même pas
prohiber les paradis fiscaux, puisque NOUS avons crée les
instruments de notre propre chantage. Le cyber-prolétariat n'a que ce qu'il
mérite, puisqu'il l'a voulu ! C'est lui qui a
voté l'ouverture et la circulation des capitaux,
voyons !
Nous
entrons dans une période de nouveau Moyen Age. Nous
vivons en ce moment la période flamboyante de la fin
de l'empire. L'empire américain, plus puissant que
jamais, ne voit pas qu'il est peut-être en train
d'être dépassé par sa propre
toute-puissance. Wall Street ne tient plus la Bourse. Les
Etats-Unis ne peuvent mettre de l'ordre dans toutes les
banlieues de l'univers.
Il n'y a pas
d'agences gouvernementales (CIA, FBI, NSA) aux ordres de la
cyber-élite. Aucun citoyen
américain hactiviste n'est considéré
comme un cyber-criminel. La preuve : les USA ne
peuvent jouer les gendarmes du monde ! Et ils ne peuvent
imposer le libéralisme par des organismes (FMI,
OMC).
Se constituent des
îlots d'abondance, comme ce fut le cas en Europe, dans
la période de déclin de l'Empire romain entre
le IIIe et le XIe siècle. Des hordes sauvages
regroupant tous ceux qui ne sont pas les
privilégiés du système se constituent.
Ami des
réseaux, apprend à reconnaître un
cyber-prolétaire : il vit en horde
sauvage !
Ce Moyen Age
bunkérisé est déjà là: ce
sont les guerres locales, les banlieues qui s'isolent, les
riches qui s'isolent, les touristes qui se font prendre en
otage.
Les
banlieues s'isolent des riches, car une telle
promiscuité est intolérable. Le riche veut
manger plusieurs fois par jour et ne pas travailler. On ne
le répétera jamais assez : il y a des riches
de confort.
Comment
éviter cette apocalypse ? Le seul moyen cohérent
serait la constitution d'un gouvernement mondial disposant
des instruments de régulation sociale du
marché au niveau planétaire. Un gouvernement
disposant des moyens, à l'échelle de la
planète, dont dispose le gouvernement
américain ou la Commission européenne pour
superviser les opérations de fusion et anticiper leur
impact sur l'écologie, la création d'emplois,
les avancées démocratiques.
Ah, ah , ah
! Le gouvernement mondial signe de la venue de
l'Adversaire, d'après la révélation
(apocalypse). Pour contrer le nomadisme, un excès de
sédentarisation ? Comme si le changement
d'échelle changeait la finalité de la
cyber-élite ! La
paléo-représentativité politique est
(aux ordres) la cyber-élite ! C'est plutôt un besoin
de contrôle mondial du cyber-prolétariat. La techno-structure
n'a pas à être néolibérale, elle
l'est déjà !
L'évolution du procès
Microsoft montre qu'un gouvernement peut obtenir la sanction
d'une entreprise qui abuse de son monopole.
Il ne faut pas abuser du
monopole voyant (bien qu'il soit le résultat
nécessaire de la concentration capitaliste), et
plutôt maintenir une diversité de façade
ainsi qu'une présence symbolique de
paléo-gouvernement. C'est à dire
empêcher le cyber-prolétariat de prendre conscience de
lui-même !
Que
resterait-il aux Etats nationaux ? Tout ce qui permet la fabrique
sociale: la défense, la police, l'éducation,
la culture et les moyens d'assurer l'égalité
des citoyens devant les risques.
Les miettes
non productives et rentables à court terme. Les
moyens d'assurer l'égalité sans aucun
moyen.
Comment
vivront les gens dans ce nouveau Moyen Age ?
La population
mondiale évoluera vers trois catégories. Au
sommet de la pyramide, on trouve les
«hypernomades», capables d'utiliser librement et
sans intervention étatique les technologies pour
créer et manipuler l'information, les seuls à
voyager physiquement sans cesse d'un continent à
l'autre. Ils sont 200 à 300 millions. Au bas de la
pyramide, les exclus: exclus de la société et
des technologies, les «infranomades», qui ne
voyagent que de quelques kilomètres, pour trouver de
quoi manger. Dans trente ans, ils seront quelque 4
milliards, sur 9 milliards d'être humains. Et au
milieu, une classe moyenne qui vivra par procuration, dans
le virtuel, dans des distractions exacerbées par les
nouvelles technologies, pour ne pas penser, ne pas se
révolter, «nomades virtuels». C'est pour
cette raison que le secteur des loisirs, de l'entertainment,
prend une importance aussi considérable.
Oui c'est
pour cette raison qu'il faut combattre activement
l'entertainment, cher Imam horlog rejoins la FAAA ! Ah, non ? Il faut
protéger la cyber-élite, grâce à son
règne (de gauche) sans partage ?
Vous pensez donc
que la moitié de la population vivra par le
réseau, dans le réseau ? Oui, le virtuel deviendra la
norme de la classe moyenne, et le réel le signe du
luxe. Mais c'est déjà très largement le
cas.
Et oui cher
Imam Horlog, la guerre a déjà eu lieu. Bien
aimable de le reconnaître.
Cet
équilibre est-il tenable ? Non, les nouvelles
technologies sont un piège pour les riches. Elles
sont révolutionnaires. Parce qu'elles créent
une transparence et une proximité, qui rendra, je
l'espère en tout cas, les inégalités
plus insupportables, parce que plus fortes et plus visibles.
Dans le village global, on ne peut pas édifier de
murs pour cacher définitivement la pauvreté.
Les riches essaieront de tenir les pauvres à distance
par la distraction. Mais les pauvres s'uniront, avec ou sans
l'aide de riches, et ils viendront prendre leur part du
formidable festin qui s'annonce. La distraction n'a jamais
empêché la révolution.
Encore moins
les psycho-attaks, grâce à la FAAA. Réserve Nous
une place au festin, Nous sommes 4 milliards, Nous arrivons
sans invitation, Nous sommes le cyber-prolétariat !
FAAA
*
http://www.liberation.fr/multi/neweconomy/20000505venzf.html