Cahier pour l'Analyse filmique de sémiologie structurante
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# Witch project ? The blare *
Par Bernardosila
Alors cher lecteur, nous t'avions pourtant prévenu avec l'étude comparée Godzilla VS Advengers , et tu as encore succombé aux : "Un film phénomène" , "On a jamais eu aussi peur depuis Les chinois à Paris " , "Viendez c'est super" ?
Pour nous, c'est différent. En effet, aux Cahiers pour l'analyse, non seulement nous sommes payés pour visionner puis écrire, mais en plus, nous tirons à la courte paille dans des cas comme celui-ci ou on accepte de faire le café pour une semaine. Quand l'insurmontable se présente (films turco-mongol en VO sous-titré en afghan de 1924 ou films français), on recopie le dossier de presse ; (faut pas déconner, le ciné tous les jours ça gave). Parlons peu mais parlons bien.
Mike et le DAT Alors c'est l'histoire (le terme est inadéquat puisque l'intrigue tient sur une carte de visite même pas recto-verso et qu'il s'agit d'un concept-project ) de trois jeunes étudiants qui décident un week-end de tourner un documentaire en 16 mm (C-P 16) avec un DAT (K7 TDK). Ceci pour établir la crédibilité de l'équipe. Un camescope Hi 8 est tout de même ajouté à la panoplie pour la touche people et pour autoriser des alternances de plans.
Tu sens déjà poindre, cher lecteur, le jeu sur l'histoire dans l'histoire qui est l'histoire et les justifications des carences techniques et filmiques par le souci de réalisme et le recours à l'argument fumeux du Project . Tu sens bien. En effet, la réalisatrice (et donc les réalisateurs) passe son temps à faire un documentaire sur le documentaire (respectant en ceci la hierarchie vidéo / pellicule N&B) qui permettra : "qu'on soit bien content de voir ça plus tard, on rigolera".
Joshua et la CP 16 Seule parole prophétique à vrai dire, puisque le Project-concept précise :
En octobre 1994, trois étudiants en cinéma disparaissent dans la forêt de Burkittsville, dans le Maryland, alors qu'ils tournaient un documentaire pour leur université. Un an plus tard, on retrouve leur matériel.
(Enfin la traduction française de filmmakers, puisque les trois personnages sont dans le département d'anthropologie de l'université du Maryland et réalisent un docu sur la sorcellerie...)
Heather sans son bonnet La réalisatrice ( Heather) est cependant criante de vérité dans son rôle de féministe végétarienne qui ne sait pas lire une carte. Mais à la longue, c'est pénible (même bien assis). Le rôle du gros débonnaire, tenu par Mike et le DAT, est lui aussi assez bien réussi, tout comme celui du porteur de caméra (16 mm). Le problème est ailleurs (comme on dit à la TV).
L'argument commercial, car il est bien présent quoiqu'en disent les partisans de l'Arnaque , repose sur la peur. Et nous sommes très loin de Shining , mais alors vraiment très très loin. Détaillons l'évaluation.
Il est d'ailleurs amusant que ces partisans qui neutralisent par avance les critiques sur la qualité technique et cinématographique en brandissant le Project-concept et l'Underground (qui devrait selon eux, évacuer les questions de qualité) en soient réduits à adopter les critères de la publicité : allez voir ce film vous aurez peur.
Comme si un film devait avant tout "faire peur", "faire bander", "faire rire", "faire réfléchir" etc. Il s'agit alors d'un produit calibré qu'on doit évaluer en tant que tel. Ah c'est un bon déodorant, il fait sentir bon ! Et à l'aune de ces critères, c'est un très mauvais film-produit. Certes, son budget et son coût sont minimes. Encore une excuse de commercial ! Ah d'accord, il ne fait pas très peur, mais il coûte pas cher non plus...
Comme si le coût d'un film avait une quelconque importance d'un point de vue cinématographique ! Cette logorrhée perpétuelle, continue, de pseudo-critiques comptables façonne aussi le discours des partisans dont l'attitude réactive trahit ce mode de représentation qui n'est que l'inversion d'une symétrie stupide : film petit budget donc bon film ; film amateur donc bon film ; etc. (petit label donc bon groupe...)
Quant à la peur, dans sa visée subjective, mais l'avida Dollars s'en cogne complètement que vous frissonniez sur Scream ou Shining ou Halloween ou Evil Dead , ou the Blair witch project ! Du moment que vous payez votre place, libre à vous de passer votre temps à sucer des glaces ou du pop-corn. La subjectivité c'est la condition de l'offre du marché ! Surtout au niveau des émotions (sinon c'est la prise de tête ). D'ailleurs, comme pour tous les films, un site Web est prévu pour manger avec.
Les effets utilisés pour susciter cette peur, nous renvoient aux recettes du genre : vue subjective de mauvaise qualité, obscurité, sons non identifiés, femmes aux bords de la crise de nerf , décor naturel sauvage. Bref toutes les grosses ficelles de la série des films à pognon. Il est vrai qu'ensuite, devant les besoins du consommateurs, on a perfectionné avec litres de sang, créatures, etc.
Maintenant, le consommateur s'est lassé, on opère donc un retour aux sources ; c'est plus vendeur comme l'acoustique après les grosses guitares...Ou on fait des compilations nostalgie avec papes de la série B, puis Z (Ed Woods et système D, Tarantino et black exploitation, etc.). L'arnaque à l'ancienne reste de l'arnaque.
Dans le style petit budjet N&B à la frontière du docu , il y eut C'est arrivé près de chez vous , qui lui était un vrai film, c'est à dire réellement calibré, où, entre autre, l'on rit, pleure, réfléchit, etc. C'est une autre histoire.
* Nécessite un Harrap's couverture cuir.